Skyguide, prestataire public de navigation aérienne, a subi de nouvelles perturbations. Mercredi, l’entreprise a dû réduire de 10% la capacité de l’aéroport de Zurich dans un délai très court, après la panne d’une application essentielle aux procédures d’approche à la suite d’une mise à jour nocturne.
Conséquence: seuls 35 avions par heure pouvaient atterrir. Pour les passagers, les effets sont restés limités et largement invisibles, avec seulement quelques retards ponctuels, mais en interne, l’inquiétude était bien présente.
Un vaste plan de restructuration
Cet incident s’inscrit dans une série de problèmes informatiques anciens. Depuis des années, Skyguide fait face à des défaillances techniques, tandis que le projet de «Centre virtuel», présenté comme l’avenir du contrôle aérien, est devenu une source continue de difficultés. Un incident similaire survenu récemment a encore ravivé les inquiétudes.
Le nouveau PDG Peter Merz, âgé de 58 ans et mandaté par le conseiller fédéral Albert Rösti, est chargé de restructurer l’entreprise. Il a annoncé un plan de suppression de 220 postes d’ici fin 2027, dont 90 d’ici septembre et 130 supplémentaires au début de l’été prochain. Cette stratégie marque une rupture avec celle d’Alex Bristol, qui avait continué à embaucher malgré la situation.
Selon nos informations, une réunion du personnel à Genève a récemment dégénéré en confrontation tendue. Les employés ont vivement critiqué l’ancienne direction et le conseil d’administration, dans un climat conflictuel. Les difficultés étaient connues en interne depuis longtemps, mais auraient été ignorées par Alex Bristol et le président Aldo Schellenberg.
Enfin, Klaus Meier, considéré comme le principal responsable du fiasco informatique, a démissionné avant son licenciement. Ancien responsable informatique, il est lié à la crise du «ciel dégagé», notamment à l’incident du 15 juin 2022, lorsque des erreurs de mise à jour avaient paralysé tout l’espace aérien suisse pendant cinq heures, interdisant tout trafic aérien.
Pas de parachute doré
En juillet 2025, le conseil d’administration a proposé à Klaus Meier un poste qualifié de confortable, en le nommant «délégué du PDG pour les affaires européennes», chargé d’assurer l’interface entre Skyguide et la Commission européenne. Mais le nouveau PDG Peter Merz a rapidement supprimé ce poste. Skyguide a confirmé que Klaus Meier quittera l’entreprise fin septembre pour se lancer à son compte, sans percevoir d’indemnité de départ.
Des changements importants sont aussi prévus au sein de la direction. L’équipe dirigeante passera de neuf à cinq membres, avec quatre responsables amenés à quitter l’entreprise ou à être rétrogradés. La directrice de la communication est déjà partie de manière brutale. La directrice des ressources humaines partira à la retraite fin d’année, tandis que le directeur financier quittera ses fonctions au plus tard en 2027. Le sort du directeur du développement et du directeur juridique reste encore incertain.
«Nous devons simplifier les processus»
Dans le même temps, la pression financière s’intensifie sur Skyguide. L’Union européenne juge l’entreprise trop coûteuse et envisage des coûts supplémentaires d’environ 290 millions d’euros. Des baisses de tarifs importantes pourraient être appliquées dans les années à venir. Des objectifs d’économies pouvant atteindre 58 millions d’euros par an sont également envisagés.
Dans son rapport annuel, Peter Merz affirme qu’il faut «simplifier les processus, clarifier les responsabilités, maintenir une approche cohérente et mieux aligner les efforts sur la mission». Cela implique concrètement une rationalisation des structures, des suppressions de postes et une réduction globale des coûts.
Fusionner Genève et Zurich?
Selon la NZZ, le contrôle aérien envisage de regrouper ses opérations de Zurich et de Genève. Cette fusion permettrait de réaliser d’importantes économies.
Le porte-parole de Skyguide, Vladi Barrosa, indique que «toutes les options sont étudiées». Il précise toutefois que les centres actuels de Genève et de Dübendorf étant déjà saturés, la construction d'un nouveau bâtiment serait nécessaire avant toute fusion, afin de garantir la continuité des opérations.