Les dessous de sa démission
Helene Budliger Artieda a déjà reçu plusieurs offres d'emploi

Helene Budliger Artieda a assuré au personnel du SECO que son départ n’était pas lié à des tensions avec le Conseil fédéral et qu’elle n’avait pas encore de nouvel emploi. Elle dit avoir été profondément touchée par les accusations de violation du secret de fonction.
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Helene Budliger Artieda, directrice sortante du SECO, doit gérer des négociations délicates, notamment celles de Nestlé en Russie.
Photo: Samuel Schalch
Raphael Rauch

Manille, Berne et Paris: voilà une semaine comme les autres pour Helene Budliger Artieda. Ceux qui pensaient que la directrice sortante du SECO, allait lever le pied après avoir annoncé sa démission se trompent. La secrétaire d’Etat continue de travailler à un rythme soutenu. Entre ses déplacements à l’étranger, elle doit notamment gérer des négociations délicates, comme celles autour du géant de l'agroalimentaire Nestlé en Russie.

Le dossier Nestlé encore sur la table

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) confirme collaboré avec le SECO dans l'affaire Nestlé: «Depuis plusieurs semaines, le SECO et le DFAE sont en contact étroit avec l’entreprise et la soutiennent par la voie diplomatique. Notre ambassade à Moscou intervient auprès des autorités russes afin de permettre à Nestlé de faire valoir son point de vue et de contribuer à la levée de la mise sous tutelle ordonnée le 17 septembre.»

Mercredi, Helene Budliger Artieda a fait étape à Berne entre deux déplacements officiels, aux Philippines et en France, pour répondre aux questions du personnel du SECO. D'après plusieurs sources, elle a démenti les rumeurs selon lesquelles sa démission serait liée à des désaccords avec le Conseil fédéral. Selon certaines informations, la directrice sortante aurait expliqué qu’à 61 ans, après plus de 40 ans passés au service de la Confédération, elle souhaitait se consacrer à un tout nouveau projet.

Les offres d'emploi affluent

La secrétaire d’Etat serait actuellement à la recherche d’un nouvel emploi et n’aurait encore rien signé. Les rumeurs selon lesquelles elle aurait décroché un poste à partir du 1er juin 2027 ont été démenties. Quant à son contrat avec la Confédération, il prendra fin le 31 mars 2027, après quoi elle devrait s'accorder une pause d'au moins deux mois.

Pourtant Helene Budliger Artieda aurait d'ores et déjà reçu de nombreuses propositions d'emploi, allant de mandats bien rémunérés au sein de conseils d’administration à des activités dans le secteur associatif. Le seul engagement bénévole qu’elle exerce actuellement est son mandat au comité de patronage de «Klosters Music», un rendez-vous musical réputé de la commune grisonne de Klosters.

D’après plusieurs sources au sein du SECO, de nouvelles offres d’emploi lui parviennent chaque jour. Malgré l'échéance évoquée au sujet de la fin de son contrat, la date exacte de son départ n’est en réalité pas tout à fait fixée, la haut-fonctionnaire disposant notamment d’un important solde de congés, qu’elle pourrait éventuellement utiliser pour partir plus tôt. Lors d'une réunion interne, la directrice sortante aurait par ailleurs précisé qu’elle n’avait négocié aucune indemnité de départ.

Un large soutien au SECO

Malgré ces témoignages, les turbulences de ces derniers mois, notamment sur la question du conflit douanier avec les Etats-Unis, ne semblent pas avoir été sans conséquences pour cette diplomate commerciale au profil atypique. Devant ses collaborateurs, elle aurait confié avoir été profondément affectée par les accusations de violation du secret de fonction. Selon plusieurs sources, elle aurait martelé avoir consacré l'entièreté de sa carrière à défendre les intérêts de la Suisse.

Lors d'une réunion publique, Helene Budliger Artieda aurait reçu de nombreux témoignages de soutien et de reconnaissance de la part de ses collaborateurs. Sa cheffe de cabinet aurait elle aussi pris la parole, déclarant avoir examiné l'ensemble des dossiers et ne voir, même après un examen approfondi, aucun élément constitutif d’une violation du secret de fonction. Le rapport de la Commission de gestion est attendu en décembre.

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