Vers des amendes à cause des natels?
Musique et vidéos à fond: un élu vaudois s'attaque au bruit dans les transports

Musique à fond, vidéos sans écouteurs, appels sur haut-parleur: un député vaudois veut mettre fin aux nuisances sonores dans les transports publics. Il a déposé un postulat pour renforcer la sensibilisation et n’exclut pas, à terme, des sanctions.
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Le Vert Alberto Mocchi veut lutter contre les nuisances sonores dans les transports publics lausannois.
Photo: Shutterstock

En bref

  • Le Vert vaudois Alberto Mocchi veut réduire le bruit dans les transports publics
  • Son postulat demande un bilan des zones calmes et plus de sensibilisation
  • Il n’exclut pas des sanctions, qui nécessiteraient un accord fédéral
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Solène MonneyJournaliste Blick

Dans les transports en commun, il suffit parfois d’un seul téléphone pour agacer toute une rame. FaceTime sur haut-parleur, vidéos à fond, musique sans écouteurs: difficile d’y échapper. «Tout cela nuit au vivre-ensemble dans les transports en commun», tonne le Vert vaudois Alberto Mocchi.

Bien décidé à faire changer les choses, le député a déposé un postulat ce mardi 27 octobre au Grand Conseil vaudois qui sera discuté la semaine prochaine. Son objectif? Dresser un premier bilan des «zones calmes» instaurées à l’avant des bus lausannois début 2026, envisager leur extension à l’ensemble des réseaux de transports publics et renforcer la signalétique ainsi que les campagnes de sensibilisation. Et si ces mesures ne suffisent pas? Alberto Mocchi n’exclut pas, à terme, des sanctions. Mais pour cela, le canton devrait se rapprocher des autorités fédérales, compétentes en la matière.

Les trois quarts des Suisses agacés

«Je pense qu’il y a une majorité silencieuse d’usagères et d’usagers qui sont gênés par ces comportements. De la même manière qu’on ne peut plus fumer dans les trains et que les gens respectent cette interdiction, je pense qu’on devrait arriver à une situation où l’on ne peut plus écouter de musique sur haut-parleur dans un wagon», explique Alberto Mocchi.

Et le problème est loin d’être anecdotique. Selon une étude réalisée par Sotomo pour AXA en 2026, 73% des usagers réguliers des transports publics interrogés se disent particulièrement agacés par les nuisances sonores des autres voyageurs, notamment les conversations téléphoniques bruyantes et les vidéos regardées sans écouteurs. Le bruit arrive ainsi en tête des comportements les plus dérangeants, devant les déchets abandonnés (68%) et les pieds posés sur les sièges (55%).

Pour Alberto Mocchi, il en va aussi de l’attractivité des transports publics. «Si vous avez d’un côté quelqu’un qui écoute une vidéo et de l’autre quelqu’un qui passe un appel FaceTime, les personnes qui ne sont pas convaincues par les transports publics risquent de se dire que, dans leur voiture, elles ne sont pas dérangées par le bruit.»

Des amendes à l'avenir?

Dans un premier temps, le député écologiste prône la responsabilisation des voyageurs. «C’est simplement une question de bon sens. Il s’agit de rappeler les règles du vivre-ensemble dans les transports en commun.» Mais comment déterminer si le bruit est excessif? Faudra-t-il bientôt sortir un sonomètre dans les wagons? Pour Alberto Mocchi, nul besoin d'en arriver là: «Si vous entendez distinctement la musique ou le son de la vidéo qu’une autre personne écoute, cela signifie qu’elle l’écoute déjà trop fort.»

L’élu n’exclut toutefois pas des sanctions à plus long terme, si la sensibilisation ne porte pas ses fruits. Il insiste néanmoins sur un point: «La sanction ne doit pas être la première solution.» D'autant que le volet répressif ne relève pas des compétences cantonales. Une éventuelle évolution nécessiterait donc des discussions avec les autorités fédérales.

Une société moins tolérante?

Mais cette volonté de réduire le bruit ne traduit-elle pas aussi une société de moins en moins tolérante? Alberto Mocchi n'y croit pas vraiment. «Je pense surtout que ce bruit-là n’existait pas avant. Avant les smartphones, c’était beaucoup plus compliqué d’écouter des contenus qui produisent du bruit.» Selon lui, l’évolution des technologies a simplement fait apparaître de nouvelles nuisances. Et pour y remédier, la solution est parfois toute simple: mettre des écouteurs.

En tout cas, le bruit dans les transports publics fait débat bien au-delà des frontières suisses. Le 19 octobre, le Premier ministre britannique Andy Burnham a lancé une campagne nationale pour inciter les voyageurs à utiliser des écouteurs. Avec un message clair: partager le wagon, pas le bruit. Au Royaume-Uni, les passagers les plus bruyants s’exposent même à des amendes pouvant atteindre 1000 livres (1100 francs suisses) dans les trains.

Reste à voir si sur le canton de Vaud, les appels à la raison suffiront à faire baisser le volume, ou s'il faudra passer aux sanctions.

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