La fonction publique se mobilise
Les enseignants de 1-2P du canton de Vaud exigent «plus de moyens financiers»

La fonction publique vaudoise se mobilise au centre de Lausanne, le 5 novembre, pour protester contre les coupes budgétaires qui menacent leurs services. Or, les enseignants des classes de 1-2P du Canton portent des revendications propres, clamées depuis longtemps. Les voici.
Ce jeudi 5 novembre, les enseignants des classes de 1-2P portent des revendications propres, au coeur de la mobilisation de la fonction publique vaudoise.
Photo: keystone-sda.ch
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Ce jeudi 5 novembre, la fonction publique vaudoise rugira ensemble pour protester contre les coupes esquissées par le budget 2027 du Canton, encore renforcées par l'initiative des 12%, acceptée par le peuple en septembre.

Si le mouvement se concentre sur cette même lutte, le programme de la manifestation présente plusieurs points de départ différents: en effet, avant de se rejoindre au parc de Montbenon à 18h, divers cortèges se mettront en marche au coeur de Lausanne. L'un d'eux partira du CHUV, à 17h15, tandis que les syndicats enseignants se rejoindront à 17h devant le Département de l'enseignement et de la formation (DEF). «Pour le CHUV, il s'agit d'un point de départ devenu traditionnel, explique une représentante du syndicat SUD. Les gens ont pris l’habitude de se rendre tous ensemble au point de départ de la manifestation.»

Or, la mobilisation des enseignants des classes de 1-2P est particulière, dans la mesure où les personnes concernées portent des revendications propres. Et, surtout, que ce secteur précis n'est pas directement touché par des coupes budgétaires. Que demande la mobilisation, dans ce cas?

La demande principale: être deux enseignants par classe de 1-2P

Le 1er octobre 2026, lors d'une Assemblée générale, les syndicats respectifs des enseignants de 1-2P déploraient à la fois un manque persistant de moyens financiers et l'insuffisance des mesures proposées jusqu'ici par la Direction générale de l'enseignement obligatoire et de la pédagogie spécialisée (DGEO). Les syndicats estiment en effet que les solutions proposées sont «incertaines», en raison des «menaces qui pèsent sur le budget 2027».

Les neuf mesures proposées avaient pourtant été intégrées au budget, à la suite du large rassemblement ayant réuni plus de 500 personnes en juin 2026. Or, elles sont quand même jugées insuffisantes. «Surtout que les enseignants des 1-2P se battent depuis plus de deux ans», rappelle le syndicat SUD.

Pour le secteur concerné, la priorité se porte en effet sur la gestion des débordements, en classe: «Cela est relié au manque de moyens attribués à la gestion de ce qu'on appelle l'école inclusive, poursuit la représentante du syndicat. On parle d'enfants qui crient, qui mordent ou frappent les adultes et peuvent se montrer agressifs entre eux. La demande principale est donc d'instaurer le co-enseignement, soit la présence de deux enseignants par classe durant les quatre matinées communes aux élèves de 1P et 2P.»

Le secteur exige des moyens supplémentaires

Ainsi que le rappelle Céline Misiego, Secrétaire générale de la Fédération des Sociétés de fonctionnaires et associations du parapublic vaudois (FSF), ces revendications ne nient pas la «petite amélioration» observée depuis 2025, mais soulignent que celles-ci ne répondent pas aux véritables besoins, dont celui du co-enseignement.

«On demande aussi des classes moins nombreuses, davantage d'aide à l’intégration, en mobilisant des enseignants spécialisés pour accompagner les enfants qui ont besoin de mesures supplémentaires.» Idem pour les psychologues et logopédistes, souvent débordés, et d'un meilleur soutien collectif pour les élèves.

Si les revendications sont si spécifiques aux classes de 1-2P, pourquoi la manifestation rejoint-elle celle de la fonction publique en général? «Parce qu'elles s’inscrivent dans un mécontentement lié à un manque de moyens pour délivrer les prestations qui sont dues aux enfants, résume le syndicat SUD. Même s'il n'est pas menacé de coupes, ce secteur se mobilise pour demander des moyens supplémentaires.»

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