L'Eglise évangélique réformée vaudoise a tout fait pour camoufler cette affaire, désormais révélée par nos confrères du «24 Heures»: Antoine S., le pasteur ayant publiquement pardonné Claude Dubuis (ou Claude D.), le meurtrier de sa fille Marie, aurait fait l'objet de plusieurs signalements pour «comportements inacceptables» envers des femmes.
D'après le quotidien vaudois, des responsables paroissiaux auraient été exhortés, en avril 2026, de rendre confidentiels plusieurs procès-verbaux concernant le pasteur, actif dans la paroisse de la vallée de Joux jusqu'à son départ, fin 2023. En effet, ces documents relatent de signalements reçus fin 2018 et gardés secrets durant six ans, rapportant des «attouchements».
Plusieurs employées de l'Hôpital de la vallée de Joux, où Antoine S. exerçait une activité d'aumônerie, décrivent des «gestes déplacés», ayant «durablement traumatisé» une membre de l'équipe. L'intéressé se serait excusé, aurait été interdit d'exercer dans l'établissement, mais n'a pas été évincé de sa paroisse.
Aucune poursuite pénale
Les documents indiquent par ailleurs que d'autres signalements du même type ont été faits fin 2023. Antoine S. a ensuite démissionné, en mars 2024. Contacté par «24 Heures», le Parquet vaudois a affirmé qu'«aucun soupçon d'actes pénalement répréhensibles n'a pu être établi» et qu'une ordonnance de non-entrée en matière est rendue le 6 décembre 2024.
Pour rappel, la jeune Marie avait été assassinée par Claude Dubois en mai 2013, choquant la Suisse entière. Bien que le récidiviste ait été condamné à un internement à vie, le pasteur Antoine S. avait annoncé son pardon et décrit son processus mental dans deux ouvrages publiés chez Favre.