Soupçons d’abus dans les années 1990
Daniel Marguerat visé par une enquête pénale, la CER envisage une suspension

Le Ministère public vaudois a ouvert une enquête pénale contre le théologien Daniel Marguerat, soupçonné d’abus sur des étudiantes dans les années 1990. La Conférence des Eglises réformées romandes doit se prononcer lundi sur une possible suspension temporaire.
Le Ministère public vaudois a ouvert une enquête pénale contre le théologien Daniel Marguerat.
Photo: Université de Lausanne
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Claude AnsermozRédacteur en chef en charge des contenus

Le scandale qui secoue l’Eglise réformée romande franchit un nouveau cap. Le Ministère public vaudois a ouvert une enquête pénale visant le théologien et professeur émérite Daniel Marguerat. Il est soupçonné d’abus qui auraient été commis dans les années 1990 sur des étudiantes de l’Université de Lausanne.

La procédure fait suite à un signalement transmis en février par l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV). Selon la RTS, l’ouverture de l’enquête a notamment été rendue possible par le témoignage d’une collaboratrice de l’EERV et d’une ancienne victime, prêtes à s’adresser aux autorités.

Daniel Marguerat conteste les accusations. Il a reconnu d’éventuels «gestes de familiarité», tout en assurant n’avoir commis «ni abus, ni contrainte, ni violence». Le professeur est présumé innocent.

Une affaire suivie depuis des mois par Blick

Cette entrée de la justice dans le dossier marque un tournant dans une affaire que Blick documente depuis l’automne dernier. Nos révélations avaient montré que les soupçons entourant le bibliste étaient devenus un «secret de polichinelle» dans certains milieux protestants.

L’affaire avait aussi conduit au licenciement de deux journalistes de l’agence ProtestInfo, qui enquêtaient précisément sur Daniel Marguerat. Blick avait ensuite révélé le malaise au sein de RTSreligion, après des rencontres entre des responsables de la rédaction et le théologien, peu avant l’éviction des deux journalistes.

Ces épisodes ont mis en lumière les difficultés des institutions religieuses et médiatiques à traiter des accusations sensibles, ainsi que les tensions provoquées par les enquêtes internes et journalistiques. Un sujet déjà au cœur d’autres révélations récentes concernant la gestion, par l’EERV, d’une affaire impliquant une pasteure accusée d’abus.

La CER appelée à se prononcer lundi

La Conférence des Eglises réformées romandes (CER) doit examiner le dossier de son assemblée générale, prévue lundi. Une recommandation visant à suspendre temporairement Daniel Marguerat de tout acte pastoral pendant la durée de l’enquête pénale figure à l’ordre du jour.

La mesure aurait surtout une portée institutionnelle et symbolique. Elle viserait à préserver la sérénité des débats, alors que l’affaire suscite de nombreuses interrogations au sein des Eglises réformées romandes.

La question de l’éventuelle prescription des faits allégués pourrait également se poser dans la procédure. Elle dépendra de la qualification pénale retenue par les autorités et des circonstances précises examinées par le Ministère public.


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