La population vaudoise est appelée à voter sur le salaire minimum le 14 juin prochain. Le Conseil d'Etat a fixé cette date pour deux initiatives populaires et le contre-projet du gouvernement qui leur est opposé, a-t-il indiqué jeudi dans ses décisions hebdomadaires.
Si les initiatives déposées en 2023 et le contre-projet prévoient le même salaire minimum de 23 francs l'heure, les deux options divergent sur les personnes qui ne pourraient pas bénéficier d'un tel revenu. Avec une différence centrale: faut-il faire primer le salaire minimum cantonal (initiative) ou celui fixé dans une éventuelle convention collective de travail (contre-projet)?
Plusieurs exceptions
Début mars, le Grand Conseil, grâce à sa majorité de droite, a soutenu le contre-projet. Outre la question des CCT, les différentes exceptions à l'application d'un salaire minimum ont aussi longuement occupé les députés. Les initiatives avaient déjà listé quelques exceptions, en excluant notamment le secteur de l'agriculture. Le contre-projet en a ajouté d'autres, par exemple pour les jobs d'été des étudiants ou certaines activités liées à la garde d'enfants.
Ailleurs en Suisse, un salaire minimum a déjà été introduit dans les cantons du Jura, Tessin, Bâle-Ville, Neuchâtel et Genève. Les trois premiers prévoient une primauté des CCT, les deux derniers une primauté du salaire minimum.
La question a aussi été débattue au niveau fédéral. Après le National, le Conseil des Etats a validé mardi un projet élaboré par le Conseil fédéral prévoyant, lui aussi, de faire primer les CCT. Le Conseil des Etats a ajouté des garanties afin que Genève et Neuchâtel puissent maintenir leur régime.