Les HUG replongent dans la tourmente. 43 nouveaux signalements pour propos discriminatoires ont été déposés ce printemps au sein du Département de réadaptation et gériatrie (DRG), principalement à l’hôpital des Trois-Chêne, selon les informations de la «Tribune de Genève» publiées ce mercredi 24 juin.
Et l’affaire prend une tournure délicate: deux employés racisés contestent fermement les sanctions disciplinaires qui viennent de les frapper. Le syndicat Avenir Syndical fustige un calendrier à double vitesse et un conflit d’intérêts majeur. En effet, les cadres ayant mené les entretiens de service de ces deux soignants sont personnellement visés par la majorité de ces nouvelles plaintes pour racisme, précise le quotidien genevois.
Un sondage accablant
Ce nouvel épisode intervient alors que l’institution peine à se relever d’une terrible année. Rappelez-vous, le DRG avait été secoué par une première affaire de racisme, marquée par la mise à l’écart d’une responsable des soins noire dont la porte du bureau avait été vandalisée par le tag «N******* dégage!!!».
Après des mois de mobilisation contre ce climat toxique, un accord de médiation confidentiel a acté sa réintégration pour le 1er septembre prochain. Face à la polémique, le directeur général Robert Mardini avait dû reconnaître publiquement les résultats d’un sondage interne accablant: 44% des employés racisés du DRG affirmaient avoir subi des discriminations au travail.
L’impunité des cadres dénoncée
La direction des HUG se défend de tout ciblage discriminatoire et assure que les récentes sanctions reposent sur des manquements professionnels avérés. Le syndicat déplore auprès du quotidien genevois pourtant l’inaction de la hiérarchie.
L’une des cadres visée par 34 signalements pour racisme n’a subi aucune mesure disciplinaire immédiate, mais a simplement été déplacée et promue dans un autre service. Face à ce décalage, Avenir Syndical a ironiquement décerné aux HUG le prix de la plus grande «contre-vérité» pour leur campagne institutionnelle intitulée «tolérance zéro racisme», conclut la «TDG».