Drôle de découverte à Genève
Ces poissons anciens pouvaient entendre grâce à un poumon

Certains anciens coelacanthes avaient un poumon capable de capter des sons. Une découverte genevoise éclaire l’évolution de l’audition chez les vertébrés.
Le fossile d'un poisson, le Coelacanthe, à Genève.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Les coalacanthes, ces poissons anciens plus proches des vertébrés terrestres que de la plupart des autres poissons, ne finissent pas d'étonner les biologistes. Une nouvelle étude révèle que certains de ces poissons étaient dotés d'un poumon ossifié qui leur permettait également de capter des sons sous l'eau.

Ces coalacanthes qui étaient équipés de ce poumon recouvert de plaques osseuses vivaient il y a environ 240 millions d'années. Ce sont des chercheurs du Museum d'histoire naturelle de Genève et de l'Université de Genève (UNIGE) qui ont découvert que cet organe leur servait non seulement à respirer, mais aussi à entendre.

Un poumon ossifié

Les travaux ont été dirigés par le professeur Lionel Cavin, de l'UNIGE. Les scientifiques ont analysé des fossiles de coalacanthes du Trias, découverts en Lorraine, à l'aide du synchrotron européen de Grenoble. L'accélérateur de particules a permis une exploration de la structure des fossiles avec une précision micrométrique.

Les images ont révélé un poumon ossifié exceptionnellement bien conservé, muni de structures en forme d'ailes osseuses, explique jeudi l'UNIGE dans un communiqué. En outre, l'étude d'embryons de coalacanthes actuels a mis en évidence un canal reliant les organes de l'audition et de l'équilibre situé de part et d'autre du crâne.

Analogies

En combinant ces observations, les scientifiques «suggèrent» que ces deux structures formaient un système sensoriel complet, écrit l'UNIGE. Les ondes sonores captées par le poumon ossifié auraient été transmises aux oreilles internes via ce canal, permettant ainsi à l'animal de percevoir les sons sous l'eau.

«Notre hypothèse s'appuie sur des analogies avec des poissons d'eau douce contemporains, comme les carpes ou les poissons-chats», relève Luigi Manuelli, doctorant et premier auteur de l'étude. Ces espèces ont un dispositif qui est appelé appareil de Weber. Il relie la vessie natatoire à l'oreille interne du poisson.

Selon le chercheur, ce dispositif permet à ces poissons de détecter les ondes sous-marines et donc d'entendre sous l'eau. Pour l'instant, cette particularité anatomique n'a été observée que chez deux espèces de coalacanthes du Trias. Elle pourrait toutefois avoir été plus largement répandue chez les poissons avec un poumon ossifié.

Les caolacanthes ont été redécouverts au 20e siècle. Ces poissons sont aujourd'hui représentés par deux espèces connues, du genre Latimeria, qu'on trouve dans l'océan Indien et la mer de Célèbes, en Indonésie. Les espèces actuelles de coalacanthes vivent en profondeur et respirent uniquement grâce à leurs branchies. Cette nouvelle étude fait l'objet d'une publication dans la revue spécialisée «Communications Biology».

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