Festival de Cudrefin
Rock The Lakes, là où le metal mélodique chante l'émotion

Surplombant le lac de Neuchâtel, la musique hard rock et metal a retenti du 14 au 16 août, et le succès a été au rendez-vous. Les groupes phares et émergents aux guitares virtuoses ont enflammé la scène; leurs paroles, pour qui les écoute, sondent l'âme humaine.
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Rock The Lakes a été fondé il y a cinq ans par un entrepreneur passionné de musique hard rock et metal.
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Myret ZakiJournaliste Blick

Cette année, à Cudrefin (VD), le festival Rock The Lakes, fondé il y a 5 ans par l'entrepreneur Daniel Botteron, a réuni une fois de plus l’élément metal et l’élément eau dans un cadre unique. 

Du 14 au 16 août, le succès a été au rendez-vous, avec 18'000 visiteurs contre 16'000 l'an dernier. Les riffs de guitare sombres et virtuoses de groupes comme In Flames, Arch Enemy, Decapitated ou Revocation ont fait retentir l'écho du death metal sur les eaux turquoise du lac de Neuchâtel. 

Huit groupes sur 31 comptaient des femmes au chant, dont Lauren Hart pour Arch Enemy. Et sept groupes suisses se sont produits, dont Breakdown of sanity, les vétérans bernois du metalcore en plein comeback, mais aussi les Zurichois thrash de Coroner aux riffs martelés façon Metallica, et les Lausannois émergents Alchemists. 

Festival à taille humaine

Sur place, tout est ramassé autour de deux scènes, qui s’animent en alternance, dans un mouchoir de poche très convivial, comme l’est l'Obscene Extreme en Tchéquie. Un cadre à taille humaine, qui contraste avec les méga-festivals comme le Hellfest en France ou le Wacken en Allemagne, où l’accès au site est plus long, et la bousculade et les files d’attente inévitables.

Il reste que le Wacken et le Hellfest sont des rites de passage pour les fans du genre. Et justement, ce samedi à Cudrefin, on croise deux festivaliers aux t-shirts Wacken, alors qu’on arbore une robe Hellfest, ce qui entraîne un échange de signes de respect mutuel. Parmi les festivaliers, les looks démoniaques, gothiques ou bibliques font la joie et le piment des lieux.

Looks créatifs et festifs à Cudrefin, où 31 groupes de hard rock / metal se sont produits sur scène en 3 jours.

Nous croisons un groupe de cinq festivaliers sortis droit d'un cimetière. Il y a aussi le Jésus aux cheveux longs et tunique, figure incontournable des festivals metal, qui effectue un va-et-vient près de la fosse, et un groupe de poupées damnées avec couettes rose et frange taillée au cordeau. Vers 18 heures, les hommes en kilt se font plus nombreux: c'est le signe (tout à fait intuitif) que l’on se rapproche de l’heure des groupes les plus attendus. 

Sur place, raclette, gaufres, plats vietnamiens et portugais sont proposés à prix raisonnables. Passée la frustration, en pareille chaleur, de ne pas avoir trouvé d’éventail noir au logo rouge sang de Rock The Lakes, épuisé 15 minutes après l’ouverture du merch’ officiel, un stand appelé Yuki Yuki nous appelle à l’horizon. Il surprend par son style kawaii façon pop japonaise, planté là au milieu des métalleux burinés, piercés et tatoués.

Trêve de préjugés: on découvre un groupe d'entre eux ravis de s’offrir une glace au matcha avec topping au sésame noir, juste avant d’aller déguster le groupe Mushroomhead, au chant grave et caverneux à la Rammstein, puis Coroner, les Zurichois au downpicking ravageur, qui ont fait sensation. 

Retour sur le concert de Mushroomhead
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Rock the Lake:Retour sur le concert de Mushroomhead

Les Américains de Mushroomhead, au chant grave sur fond de métal alternatif

Retour sur le concert de Coroner
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Rock the Lake:Retour sur le concert de Coroner

Coroner et ses riffs martelés selon la tradition du thrash metal

Ecouter les paroles des chansons à Rock The Lakes est plus agréable qu'à l'Obscene Extreme, où le grindcore impose un style de chant guttural aussi extrême qu'inintelligible. Ici à Cudrefin, il y a la musique et il y a aussi les paroles, qui constituent à elles seules une raison d'apprécier le metal, pour les amateurs de mots autant que de notes. 

Fidèles à la plus pure tradition du metal, les thèmes chantés par les groupes à Rock The Lakes restent très largement anti-guerre, critiques de l’autoritarisme et de l’abus de pouvoir par un tyran oppresseur, un peu comme dans les chansons de Metallica, Megadeth, Iron Maiden ou Slayer. Guerre, mort, anticléricalisme, addiction, oppression et apocalypse restent donc les thèmes incontournables d'un groupe de metal moderne. 

Des paroles jamais matérialistes

Mais si on écoute les chansons les plus récentes d’Arch Enemy, Imminence ou Bleed From Within, par exemple, une grande place est aussi consacrée à l'émotionnel et à la souffrance intérieure. Ceci, d'autant plus que l’édition 2026 de Rock The Lakes affiche cette forte coloration mélodique avec les groupes présents.

On entend plus d'introspection, de vulnérabilité, et le personnel se mélange davantage au politique. Si la détresse psychologique a toujours été un sujet dans la génération Metallica, l'ennemi est aujourd'hui moins souvent la religion, une armée ou un gouvernement, et plus facilement une relation toxique ou un état de désespoir. Mais encore et toujours, l'accent reste mis sur l'aspect moral et philosophique de la vie, et les paroles du metal ne portent jamais sur le matériel, le consumériste ou le futile.

C'est aussi pourquoi ces chansons se vivent aussi bien en live qu'elles s'écoutent dans un casque. Certes, les morceaux de ces groupes sont aujourd'hui largement consommés sur Spotify. Mais ils s'apprécient autrement sur scène, propulsés par les grandes enceintes, sous les doigts des ingénieurs du son ordonnateurs de cette communion, rythmée par le headbanging de chevelures qui amplifient l'intensité du verbe et du son. 

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