La pièce de théâtre immersive «Grand Conseil» se joue jusqu'au 28 mars à Neuchâtel dans la salle de l'hémicycle cantonal. Le public vote sur l'introduction d'une taxe sur la viande. Ce spectacle inédit va être donné en mai à Delémont, puis ailleurs en Suisse romande. «On va modifier un petit peu la pièce en dehors de Neuchâtel, mais cela reste un parlement générique qui montre un fonctionnement standard. On ne va pas s'adapter à toutes les spécificités cantonales», a déclaré samedi soir à Keystone-ATS Laurence Maître, l'auteure et metteuse en scène.
«Le spectacle reste une fiction, c'est pourquoi aussi pour des besoins de clarté dramaturgique, nous n'avons pas inclus le POP ou le Centre», a-t-elle ajouté. Les procédures ont été aussi légèrement simplifiées. Laurence Maître reconnaît toutefois qu'elle s'est beaucoup inspirée pour écrire sa pièce des débats neuchâtelois à propos d'une taxe sur le sucre pour financer les soins dentaires.
A l'entrée de la salle du Grand public, le public choisit une chaise et devient alors de facto soit un député du PLR, du PS, de l'UDC, des Vert-e-s ou des vert'libéraux. Pour que les «parlementaires» puissent comprendre le processus ayant mené à un contre-projet d'une initiative proposant de taxer la viande pour alléger les primes d'assurance maladie, un flashback de six semaines est opéré.
Inspiré de «vrais» députés
Le public est alors baladé de discussions internes à chaque parti à des séances obligatoires de commission pour remanier la version initiale du contre-projet. Les cinq comédiens jouent les différents rôles, en changeant d'apparence. Selon les représentations, des amendements sur le niveau de la taxe et le remplacement du terme «durable» par «équilibré» peuvent être ou non acceptés. Le contre-projet-final à voter n'est pas le même. Laurence Maître a croqué avec justesse certains «vrais» députés, reconnaissables à leur coiffure, leur tic de langage ou leur comportement. Les partis sont aussi caricaturés.
Ces discussions, au sein des partis et en commissions, se jouent à deux semaines d'élections cantonales fictives à venir. Les partis sont tendus et essaient de séduire leur électorat par différents moyens (clips, campagne de communication, etc.). Cette pièce de théâtre séduit bien sûr des députés, ex-parlementaires ou ex-membres du gouvernement mais «le public est assez éclectique», a confié Laurence Maître. «Cela attire aussi des amoureux du théâtre qui veulent voir une pièce «Hors des murs» et des personnes curieuses de découvrir la salle et de vivre cette expérience-là».
La pièce de la Compagnie provisoire, qui est une coproduction des théâtres du Passage, du Pommier, du TPR et de l'ABC, sera jouée à Neuchâtel à dix reprises devant 120 spectateurs-députés et six fois pour des élèves âgés de 15 à 18 ans. Puis elle sera proposée au Parlement jurassien à Delémont du 11 au 13 mai.