Quelque 800 personnes ont investi samedi l'ancien stade de la Gurzelen à Bienne pour la 2e édition du Presstival, festival consacré au journalisme romand. Jusqu'à dimanche, la manifestation propose débats, ateliers, expositions, projections et rencontres.
L'ancien stade de football épouse la configuration d'un village médiatique avec une dizaine de scènes thématiques. Le Presstival invite les professionnels des médias et le public à s'interroger sur l'avenir d'une profession qui traverse une période de turbulences.
Cet événement ne se veut pas que pédagogique, mais aussi festif. Pour le comité d'organisation, il importe donc de ne pas céder à la morosité. «Ensemble, on peut faire quelque chose de positif», a lancé lors de la partie officielle Tristan Miquel, président du comité d'organisation qui appelle à se serrer les coudes.
Près de 200 intervenants
«Le journalisme n'est pas mort et les journalistes non plus», a renchéri Séverine Chave, responsable de la programmation. «A nous journalistes et professions de l'information d'inventer l'avenir». L'ambassadeur de Belgique en Suisse Patrick Van Gheel, dont le pays est l'invité d'honneur, a évoqué les attaques et les pressions dont le journalisme est victime. La partie officielle s'est achevée avec la remise du prix Jean Dumur à Luis Lema, journaliste au Temps.
Près de 200 intervenants venus de Suisse mais aussi de l'étranger ont commencé dès la matinée à faire vivre ce festival qui a pris possession de cette friche urbaine réhabilitée en lieu culturel lors d'une septantaine d'événements. La journée a été lancée sous la grande scène devant 130 à 150 personnes par le débat intitulé «Journalistes, un métier de gauchistes».
Cinq fils rouges
La programmation s'articule autour de cinq thèmes, dont certains sont issus de consultation du public: le positionnement politique des journalistes, la pratique du journalisme en Suisse alémanique, la façon de raconter la guerre dans les médias, le journalisme scientifique ainsi que le métier de journaliste sportif.
Des médias internationaux sont aussi présents avec les Français de Médiapart, Blast et StreetPress, ainsi que les Belges de Médor et de l'émission culte Strip-Tease. Le BD journalisme et la photo de presse sont aussi à l'honneur.
Radio et speed-dating
Nouveauté de cette 2e édition, le Presstival a installé une radio au coeur de l'événement, un exercice qui a particulièrement bien marché, a indiqué Jessica Monteiro, chargée de communication au sein du comité. Deux jours de direct en public pour voir de quelle façon la radio se fait.
Le public a aussi pu échanger avec ceux qui font l'information lors d'un speed-dating avec notamment Philippe Revaz de la RTS et Laurent Gilliéron de Keystone-ATS.
Le choix de Bienne a été reconduit, car c'était l'un des facteurs de réussite de la première édition qui avait rassemblé près de 800 personnes. Le budget s'élève à quelque 140'000 francs.