Les témoignages s'accumulent contre Patrick Bruel. Une bénévole romande, Mathéa Léger, a dénoncé auprès de la RTS ce mercredi le comportement du chanteur, accusé par des dizaines de femmes – dont Flavie Flament – d'agressions sexuelles et de viol.
Selon elle, les agissements de la star française étaient connus depuis longtemps. Elle raconte l'omerta qui régnait dans le milieu du spectacle, le chanteur pouvant, selon elle, «agir à sa guise», tandis que la production «s'accomodait de ses agissements».
Des mises en garde de la prod
Pour appuyer ses accusations, elle se réfère à son expérience de bénévole lors d'un spectacle des Enfoirés à Lyon en 2012. Elle avait 22 ans à l'époque. La production l'aurait mise en garde avec une autre bénévole, jeune elle aussi, contre le comportement problématique de Patrick Bruel. Elle leur aurait indiqué qu'il risquait de «tenter quelque chose».
Cela n'aurait pas manqué: le chanteur aurait demandé à la bénévole de le «suivre dans ses loges». La production serait alors intervenue, en lui demandant de la laisser «tranquille».
«Un climat de peur»
Mathéa Léger décrit aussi «le climat de peur» qui régnait dans les coulisses. Elle affirme avoir elle-même ressenti un malaise: «J'ai juste croisé son regard une fois quand on sortait de scène et ça m'a gelé le sang. On ne m'a jamais regardée comme ça de toute ma vie.» Elle évoque aussi l'insistance de Patrick Bruel qui venait «rôder comme un prédateur» dans l'espace réservé aux bénévoles, et «scruter» les femmes pour déterminer qui «il pouvait sélectionner». Elle affirme l'avoir vu emmener des femmes aux toilettes.
Active dans le milieu du spectacle, Mathéa Léger explique que ses différentes mises en garde ont été vaines. De leur côté, Les Restos du Coeur et l'avocat de Bruel n'ont pas répondu aux sollicitations de la RTS.