En bref
- Des groupes féministes réclament l’annulation des concerts de Patrick Bruel en Suisse
- Trois femmes ont porté plainte contre le chanteur
- Une Pétition a été lancée le 5 avril et a déjà récolté plus de 1000 signatures
- Ultimatum a été fixé au 15 mai pour une réponse des organisateurs
L’étau se resserre autour de Patrick Bruel et des festivals romands qui doivent l’accueillir tout prochainement. Quatre collectifs féministes réclament «l’annulation immédiate des concerts de Patrick Bruel», prévus le 25 juin au Pully LIVE Festival et le 26 juin au Bellarena Indoor Festival. Leur demande figure dans une lettre adressée le 13 avril aux organisateurs et publiée sur Instagram.
Parmi les signataires figurent notamment les sections fribourgeoise et vaudoise de la Grève féministe. Leur prise de position intervient après une enquête de Mediapart dans laquelle huit femmes accusent le chanteur français de 66 ans de violences sexuelles et sexistes, dont une était mineure au moment des faits allégués. Trois plaintes ont été déposées pour viol, tentative de viol et agression sexuelle et une autre pour agression sexuelle. L’artiste, qui bénéficie de la présomption d’innocence, conteste toute contrainte.
Un ultimatum posé
Les collectifs posent un ultimatum aux organisateurs. Sans réponse d’ici au 15 mai, ils menacent de s’organiser «en conséquence», notamment en appelant «au boycott» des événements. Une pétition lancée le 5 avril a déjà recueilli plus de 1000 signatures, parmi lesquelles celle de la présidente des Vert-e-s, Lisa Mazzone.
Ce n’est pas la première interpellation. Une lettre avait déjà été adressée aux festivals le 23 mars pour le Bellarena, à Fribourg, et le 4 avril pour le Pully LIVE Festival. Selon les auteurs de la pétition, ces démarches sont restées sans réponse.
Le silence des festivals
Contacté par Blick, le Bellarena n’a pour l’heure pas réagi. Les organisateurs ont indiqué à Frapp «qu’ils ne font aucun commentaire». Les réactions sous la publication Instagram annonçant la venue de Patrick Bruel ont d’ailleurs été désactivées. Du côté du Pully LIVE Festival, une prise de position remontant à fin mars à Blick évoquait qu’il était «trop tôt pour décider de quoi que ce soit».
Patrick Bruel doit également se produire à l’Arena de Genève en novembre. Jean-Pierre Simonin, directeur général de la salle de concert, avait alors indiqué qu’il n’était pas question de déprogrammation «tant que le type n’a pas été jugé coupable».
Pour les collectifs, la présence de l’artiste dans ces festivals «légitime un statut d’artiste, lequel est indissociable de sa personne et de ses comportements». Ils estiment qu’une telle programmation contribue à invisibiliser la parole des victimes. Ils appellent aussi les spectateurs déjà munis de billets à demander un remboursement.
Une mobilisation au-delà des frontières
La contestation dépasse désormais la Suisse. Comme le relève «La Liberté», d’autres groupements féministes se disent prêts à intervenir. «Les membres des collectifs sont prêts à descendre dans la rue, devant les salles de concert, si rien ne bouge», explique Gilles Verdez, chroniqueur de l’émission «Tout beau, tout neuf» sur W9, citant notamment la mobilisation de la Grève féministe à Fribourg. Une trentaine de concerts à travers l’Europe serait menacée.