Mondial sous contraintes
Privée de fan zone, Lausanne renvoie les fans au bistrot

Pas de grand écran à Ouchy pour la Coupe du monde 2026: le G7 d’Evian mobilisera déjà les forces de l’ordre. Interpellée mardi, la Municipalité promet des assouplissements pour les bars, terrasses et petits événements.
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En 2026, les cafés, restaurants et bars pourront diffuser les matches à l'intérieur et sur leurs terrasses.
Photo: Pascal Muller/freshfocus
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Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

Les supporters lausannois ne vibreront pas devant un écran géant à Ouchy cet été. Pour la Coupe du monde de football 2026, organisée aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, Lausanne renonce à sa traditionnelle fan zone. Comme Genève avant elle, avait révélé «20 minutes». En cause? Le sommet du G7, prévu à Evian (F) du 15 au 17 juin. Il mobilisera fortement les forces de l’ordre dans toute la région lémanique.

Pas question, donc, d’ajouter un grand rassemblement populaire à gérer en pleine période de tension sécuritaire. Le souvenir du G8 de 2003, marqué par des violences et d’importants dégâts dans la région, pèse aussi dans cette prudence. Mais cette décision laisse un goût amer à certains élus, supporters et acteurs de la vie locale.

Ville sous pression

Mardi soir, au Conseil communal, le socialiste Louis Dana a interpellé la Municipalité. L'une de ses questions: que compte faire la Ville pour que les Lausannois, privés de fan zone, ne soient pas totalement privés de spectacle?

«Je trouve que c'est dommageable pour la population lausannoise, qui manquera d'un espace où se retrouver pour soutenir les équipes, déplore l'élu socialiste. Mais je ne jette pas la pierre à la Ville, qui a sans doute dû faire face aux volontés du Canton et de la Confédération.»

Pour Louis Dana, la pilule est d’autant plus difficile à avaler que le sommet international ne se tient pas en Suisse, mais de l’autre côté du lac. «C'est surtout dommage que le G7, organisé par la France, aie des conséquence pour la population de l'autre côté de la frontière. Si cela avait été organisé en Auvergne, ça aurait causé moins de problèmes. D'autant que ce sommet a des conséquences parfois néfastes pour les peuples, avec des participants très peu recommandables pour certains.»

Souplesse et liesse dans les bars

L’élu espère ainsi que Lausanne ne se contente pas d’annuler le grand écran sans proposer d’alternatives. Il souhaite que la Ville explore des pistes de compensation, «comme des autorisations de diffusion aux café-restaurants ou des aides à l'organisation d'évènements par des associations de quartier. Evidemment, en respectant les règles en matière de bruit engendré», ajoute-t-il. Et son voeux a été exaucé.

Mardi soir, le municipal de la Sécurité Pierre-Antoine Hildbrand a confirmé que Lausanne ne fermera pas complètement l’écran. Cette année, la Ville entend accompagner les établissements publics. Les bars, cafés et restaurants pourront demander à diffuser les matches sur leurs terrasses ou à l’intérieur. Ils pourront aussi solliciter des prolongations d’horaires, compte tenu du décalage horaire avec les Etats-Unis.

Extensions de terrasse gratuites

Des assouplissements sont également prévus pour les établissements soumis à des horaires restreints, notamment pour la demi-finale et la finale. Le même principe vaudra pour le Tour de France féminin, a jouté le Municipal PLR. Les bars pourront aussi demander des extensions temporaires de terrasse, gratuitement.

Cela étant, la Municipalité assume sa prudence, rappelant que la période du G7 impliquait une coordination importante pour le maintien des différentes manifestations sur les territoires vaudois, genevois et romand. Le travail de police engagé durant cette période ne se limite pas aux seuls jours du sommet, a indiqué Pierre-Antoine Hildbrand. Il comprend aussi du travail en amont, en aval, ainsi que du temps de récupération pour les forces mobilisées, a-t-il précisé. Dans ce contexte, la Ville ne veut pas surcharger son dispositif ni perdre sa marge de manœuvre face aux incertitudes.

La Ville relève au passage que certains établissements se sont plaints, par le passé, des désagréments causés par les fan zones, qui concentraient une grande partie du public au même endroit. Cet été, à Lausanne, la Coupe du monde se regardera donc autrement: moins en masse, davantage en terrasse.

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