La canicule n'a pas aidé…
Votre rhume des foins est soudainement revenu en force? C'est normal!

Si vos symptômes du rhume des foins se sont intensifiés ces derniers jours, sachez que la canicule et la sécheresse de cet été y sont (évidemment) pour quelque chose. Une experte nous explique tout.
Si les étés caniculaires devaient devenir plus fréquents, la saison du rhume des foins pourrait commencer beaucoup plus tôt…
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En bref

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  • Les allergies au pollen connaissent un retour inattendu en cette fin d'été 2026 en Suisse, avec des symptômes qui persistent malgré un calendrier habituel de fin de saison. La chaleur et le stress des plantes, causés par la canicule, semblent jouer un rôle clé dans ce phénomène.
  • Les concentrations de pollen de graminées restent stables, mais celles des arbres ont augmenté cette année. La chaleur, le vent et l'ozone aggravent les symptômes, tandis que le réchauffement climatique pourrait prolonger et intensifier les saisons polliniques à l'avenir.
  • Selon le Centre d'allergie suisse, les pluies orageuses prévues devraient réduire les concentrations de pollen dans les prochains jours. En août et septembre, les pollens d'armoise, d'ambroisie et de graminées dominent, avec des niveaux plus élevés dans certaines zones locales comme le Valais.
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

La nature asséchée rêve de pluie et d'accalmie, en une fin d'été qui bouleverse le calendrier: l'automne arrive trop tôt, les vendanges sont précoces et... le rhume des foins réalise un come-back inattendu, alors qu'on rêvait plutôt de fraîcheur et de pluie. 

Si la saison des pollens tire généralement sa véritable révérence entre la fin du mois d'août et mi-septembre, les personnes souffrant d'allergies remarquent, ces derniers jours, un retour intense de leurs symptômes (on entend les éternuements dans toute la rédaction, notamment!). Est-ce la faute de la canicule, qui a chamboulé les plantes et stressé les arbres? La réponse est un peu plus compliquée que cela. Mais si vous avez replongé avec désarroi dans vos paquets de mouchoirs, sachez que c'est (hélas) totalement normal.

Le vent et la chaleur peuvent intensifier les symptômes

«Une vague de chaleur, à elle seule, n’entraîne pas automatiquement une augmentation des concentrations de pollen, indique une porte-parole du Centre d'allergie suisse (aha!). Une forte sécheresse peut soumettre les plantes à un stress important et réduire leur production de pollen, mais son effet dépend de l’espèce végétale, du stade de floraison, de la durée de la sécheresse et des conditions météorologiques qui ont précédé la floraison.» 

En d'autres termes, face à la météo record de cet été, les concentrations de pollens de graminées sont restées stables, bien que les concentrations de pollen d’arbres responsables des allergies les premiers mois de l’année aient notablement augmenté. La chaleur et le vent, en revanche, peuvent favoriser la libération et la dispersion du pollen lorsque les plantes sont en floraison. La météo de ces derniers mois n'a donc pas aidé. Au contraire! 

«A cela s’ajoute le fait que, par temps chaud et ensoleillé, les concentrations d’ozone dans l’air peuvent être élevées, poursuit notre intervenante. L’ozone est un irritant des voies respiratoires et peut contribuer à une aggravation des symptômes respiratoires, sans être lui-même un allergène. A ces désagréments s’ajoute le stress exercé par les canicules sur l’organisme.» 

Les allergies pourraient empirer, dans le futur…

Malheureusement, si les étés caniculaires devaient s'accumuler, ces prochaines années, le début de la saison pollinique pourrait commencer plus tôt. «Pour certaines espèces, le réchauffement climatique pourrait aussi en accroître la durée ou l'intensité, déplore la porte-parole. Les personnes souffrant d’une allergie au pollen pourraient ainsi être exposées plus longtemps aux allergènes et présenter des symptômes sur une période plus longue. La progression de plantes allergènes telles que l’ambroisie, l’augmentation du CO₂ atmosphérique et les interactions avec la pollution de l’air pourraient également accroître l’exposition ou la charge allergénique dans certaines régions de notre pays.» 

Les pluies orageuses vont diminuer les allergies

Mais pourquoi ces soudains symptômes, alors que les températures ont baissé et que la saison devrait toucher à sa fin? «En août et en septembre, les concentrations de pollen de graminées sont généralement faibles, ce qui est aussi le cas cette année, souligne notre intervenante. Mais elles peuvent localement atteindre des valeurs plus élevées près de champs qui refleurissent ou sont en cours de fauche». En effet, les fragments de graminées sont aussi allergisants.

En cette période, on parle surtout de la famille des astéracées, comme l’armoise et l’ambroisie, laquelle est bien présente en Valais. «Ailleurs, elle pousse principalement le long des chemins et dans les gravières, poursuit la porte-parole d'aha!. L’ambroisie est peu répandue en Suisse, et une partie importante de son pollen mesuré dans notre pays est transportée par le vent depuis les régions voisines, notamment vers le Tessin et la région lémanique.»

A noter qu'un peu de pollen de plantain et d’ortie est également présent, en ce moment. Mais pas de panique: d'après le Centre d'allergie suisse et le bulletin pollinique, les concentrations de pollen devraient diminuer ces prochains jours sous l’effet des pluies orageuses. Encore une excellente raison d'attendre la pluie de pied ferme! 

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