Approche coordonnée réclamée
Mieux protéger les troupeaux du loup dans l'Arc jurassien

Face aux attaques croissantes du loup dans l'Arc jurassien, les Vert·e·s de six cantons demandent une stratégie coordonnée pour élever et former des chiens de protection adaptés, après le retrait de la Confédération.
Photo: Getty Images/imageBROKER RF
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ATS Agence télégraphique suisse

Les Vert-e-s de l'Arc jurassien veulent une stratégie coordonnée de protection des troupeaux, face au retour du loup dans la région. Face au désengagement de la Confédération, ils veulent que les cantons se mettent ensemble pour créer un programme d'élevage, de formation et de mise à disposition de chiens de protection adaptés aux spécificités régionales. Des postulats vont être déposés dans les six cantons d'ici aux prochains mois.

Pensée pour les Alpes, la politique fédérale de protection des troupeaux ne peut pas être simplement transposée à l'Arc jurassien. «Dans cette région, les troupeaux sont majoritairement composés de bovins, les pâturages sont plus ouverts, les exploitations plus proches des habitations, des routes et des itinéraires de randonnée», a déclaré lundi à Neuchâtel, la conseillère nationale Clarence Chollet (Vert-e-s/NE).

Les Vert-e-s veulent préparer l'élevage à une cohabitation durable avec les grands prédateurs. «Il y a encore des réticences d'éleveurs et la culture a de la peine à bouger mais l'acceptance envers la cohabitation augmente», a expliqué la députée vaudoise Martine Gerber, elle-même éleveuse.

«Avec une taille proche de celle du canton du Valais, l’Arc jurassien est subdivisé en de nombreux cantons de Bâle à Genève. Pourtant, le loup ignore les frontières. Une réponse intercantonale permettrait de limiter les coûts financiers et les ressources humaines nécessaires», a précisé Sonia Burri-Schmassmann.

La députée jurassienne a ajouté que le Jura, seul, n'arrivera pas à apporter une réponse adéquate. Elle a rappelé que le canton n'a pas voulu d'un plan loup au niveau cantonal. Son postulat sera déposé mercredi.

«Bien que Genève ne soit pas un canton d'estivage comparable à certains cantons de l'Arc jurassien, une partie du cheptel genevois est estivée dans le Jura et dans les régions voisines, où les besoins en chiens de protection ne cessent d'augmenter», a rappelé la Genevoise Céline Bartolomucci.

Pour les Vert-e-s, les chiens de protection constituent un moyen reconnu de réduire les attaques de loups lorsqu'ils sont correctement sélectionnés, socialisés, formés et suivis. «Or, depuis le retrait de la Confédération du programme national d'élevage, les cantons se retrouvent en première ligne pour garantir la disponibilité de chiens répondant aux exigences de qualité et de sécurité», a ajouté Clarence Chollet.

Education du chien «pas valorisée»

«Cette évolution laisse aujourd'hui un vide, particulièrement problématique dans l'Arc jurassien. Sans coordination, chaque canton développe ses propres pratiques alors même que les besoins concernent l'ensemble du massif jurassien», a précisé la conseillère nationale.

Martine Gerber a expliqué que l'éducation de ce type de chien «n'est pas très valorisée». Un chien d'aveugle vaut environ 60'000 francs, contre 7000 francs pour ce type de chien. «Le travail est peu reconnu».

Selon la députée, il n'y a pas nécessairement une race de chien unique qui doit être retenue pour faire le travail de protection des troupeaux. «Ce qui est important, c'est que le chien puisse être éduqué pour qu'il puisse tenir compte du contexte dans lequel il évolue et doit travailler», a-t-elle précisé.

Pour Martine Gerber, le manque de coordination intercantonale ainsi que l’absence de données consolidées sur l’offre et la demande de chiens de protection sont problématiques. Elle a noté qu'entre 2014 et 2024, environ 500 chiens de protection ont été élevés en Suisse «mais on ne sait pas combien ont été achetés à l'étranger».

Les postulats seront déposés dans les cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel, Jura, Berne, Bâle-Campagne et peut-être aussi à Soleure. La motion de Clarence Chollet, refusée par le Conseil fédéral, devrait être traitée d'ici à une année et demie par le Parlement.

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