Le syndic Yvan Pahud réagit
Violente agression à Sainte-Croix (VD): «Nous voulons une présence policière 24 heures sur 24»

L’agression d’un homme de 72 ans, le 29 juillet à Sainte-Croix (VD), ravive les inquiétudes de la commune face à la hausse de la délinquance. Le syndic Yvan Pahud réclame davantage de policiers sur place.
La facture policière a augmenté à Sainte-Croix, mais le nombre d'agents sur place a diminué, regrette le syndic, Yvan Pahud.
Photo: KEYSTONE

En bref

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  • L’agression d’un homme de 72 ans à Sainte-Croix ravive les inquiétudes de la commune face à l’augmentation de la délinquance et des incivilités.
  • Le syndic Yvan Pahud dénonce une facture cantonale passée de 320’000 à près de 900’000 francs alors que la présence sur place a diminué.
  • La commune réclame désormais un renforcement durable des effectifs, une meilleure couverture en dehors des heures de bureau et prévoit de voter un projet de vidéosurveillance d’ici à la fin de l’année.
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Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

Un homme de 72 ans a été retrouvé inconscient, peu après minuit, devant un établissement public du centre de Sainte-Croix, le 28 juillet dernier. Selon les premiers éléments de l’enquête, le septuagénaire aurait été impliqué dans un différend avec un groupe de jeunes individus. Il aurait été frappé avant de lourdement chuter au sol.

Transportée à l’hôpital dans un état jugé préoccupant, la victime avait toujours son pronostic vital engagé au moment de la communication de la police cantonale vaudoise, mercredi 5 août au matin. Un ressortissant français de 14 ans, domicilié dans la région, a été identifié et entendu. Le Tribunal des mineurs a ordonné son placement en détention provisoire. D’autres suspects ont également été identifiés et interrogés, et l'instruction pénale est en cours.

La victime est bien connue dans la région, souligne le syndic de Sainte-Croix, Yvan Pahud. «Elle participe aux manifestations et est extrêmement gentille. Nous lui souhaitons, ainsi qu’à sa famille, un prompt rétablissement. Toutes nos pensées les accompagnent.»

A Yverdon ou à Lausanne, une «habitude»

Pour l’élu UDC, édile mais aussi conseiller national, Sainte-Croix n'a pas l'habitude de ce genre d'événements. «A Yverdon ou à Lausanne, les gens sont habitués à ces faits divers.» Pas question de comparer l'agression du 29 juillet avec le terrible assassinat survenu en novembre dernier dans la petite commune. «Cet homicide aurait pu se produire avec 3000 policiers sur place. Cela s'est passé au domicile de la victime. Ce n'est pas comparable avec une criminalité qui pourrait diminuer avec une présence policière visible», corrige Yvan Pahud.

Le syndic poursuit: «Nous, nous tenons à notre qualité de vie et c'est pour cela que nous mettons la pression sur la gendarmerie.» En effet, Yvan Pahud aimerait renforcer la présence policière dans sa ville. Sainte-Croix étant une commune délégatrice, la police cantonale y exerce les missions de police locale. Un poste de gendarmerie est présent dans la commune, mais uniquement durant la journée. En dehors de ces horaires, les agents doivent notamment venir d’Yverdon, située à une vingtaine de minutes.

«On appelle le 117. Si les policiers sont sur place, c’est très bien. Mais s’ils doivent monter depuis Yverdon, l’événement est souvent déjà terminé», regrette l'UDC, pressenti par certains pour remplacer Guy Parmelin. Et les deux assistants de sécurité publique engagés par la commune ne peuvent pas remplacer les gendarmes: «Leurs prérogatives sont extrêmement limitées. Ils ne peuvent pas interpeller les gens.»

Une facture qui a presque triplé

La frustration est d’autant plus importante que la facture policière de la commune a fortement augmenté depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle péréquation intercommunale, le 1er janvier 2025.

«Avant, nous versions 320’000 francs au canton pour la sécurité sur le territoire communal. Aujourd’hui, nous en payons près de 900’000. Notre facture policière a augmenté, mais nous avons moins de présence», regrette le syndic.

Outre les deux assistants de sécurité publique engagés, la commune a mandaté une entreprise privée. Yvan Pahud réclame un dispositif comparable à celui de la Vallée de Joux, qui bénéficie, selon lui, d’une présence policière permanente en raison de ses entreprises horlogères. «Nous n’avons pas pu l’obtenir parce qu’il n’y avait pas de gros problèmes. Mais la criminalité augmente désormais. La police cantonale doit donc renforcer sa présence jusqu’à ce que la situation s'améliore.»

La commune demande désormais des actes

Il y a une quinzaine d’années, Sainte-Croix disposait encore de sa propre police municipale. La législation vaudoise ne le permettrait aujourd’hui plus dans cette configuration. Un rapprochement avec la Police du Nord vaudois, basée à Yverdon, n’a pas non plus abouti.

«La base légale prévoit que les communes doivent se toucher pour être considérées comme appartenant au même périmètre», explique le syndic. En juin, des représentants communaux ont rencontré le conseiller d’Etat Vassilis Venizelos ainsi que la commandante de la police cantonale. «Ils sont ouverts à la discussion, mais il faut désormais agir. Nous avons expliqué nos attentes et nos craintes.»

Les autorités cantonales leur auraient indiqué qu’une réforme était en cours au sein de la police, avec pour objectif de mieux utiliser les effectifs disponibles. «Mais cette réforme va-t-elle porter ses fruits? Ils ne nous en ont pas donné les détails», glisse l'élu UDC.

La proximité de la frontière constitue une autre source de préoccupation. «Sainte-Croix est doublement pénalisée parce que les frontières ne sont plus autant gardées par l’Office fédéral des douanes. Cela se ressent sur les cambriolages et les vols: moins de police, moins de présence aux frontières. Nous sommes fiers d’être une commune frontalière, mais nous en voyons aussi les effets néfastes.»

La commune prévoit enfin de soumettre, d’ici à la fin de l’année, un préavis concernant l’installation de caméras de vidéosurveillance. «Nous voulons rester une commune où il fait bon vivre», conclut Yvan Pahud.

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