«Comme dans le désert de Gobi!»
Mauro Poggia dézingue le réaménagement à plusieurs millions d'une place à Genève

Réaménagée pour 14 millions de francs, la promenade Saint-Antoine à Genève est critiquée pour son aspect désertique, notamment par Mauro Poggia. Face au tollé suscité par ce réaménagement, la Ville promet de replanter des arbres.
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La promenade Saint-Antoine réaménagée, au coeur de la vieille ville de Genève, fait penser à un désert.
Photo: LinkedIn

En bref

  • Mauro Poggia critique la promenade Saint-Antoine, comparée au «désert de Gobi».
  • Le réaménagement à 14 millions valorise des vestiges, mais paraît trop minéral.
  • La Ville de Genève prévoit de planter douze arbres supplémentaires dès cet automne.
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Janic Urech

Une publication fait sensation, et pas seulement en Suisse romande. «Ici, on a réinventé le désert de Gobi», ironise le conseiller aux Etats genevois Mauro Poggia sur LinkedIn. On y voit une image de la nouvelle promenade Saint-Antoine, située au coeur de la vieille ville de Genève.

L'esplanade sablonneuse et les bâtiments beiges à l'arrière-plan rappellent étrangement un décor désertique. La végétation y apparaît quasi inexistante, tandis que de maigres poteaux en bois peinent à projeter un peu d'ombre. Les abonnés de Mauro Poggia abondent dans son sens: «C'est peut-être un concept pour vivre une expérience réaliste en plein désert», plaisante un internaute. Un autre suggère même d'y ajouter quelques chameaux sur le sable jaune.

«Laid et incompréhensible»

Depuis début septembre, des vestiges archéologiques datant d'un autre millénaire sont ouverts au public sous la place. L'ensemble du projet s'est étalé sur plusieurs années pour un coût total de 14 millions de francs. Si Mauro Poggia salue sur le principe la mise en valeur du patrimoine archéologique, il porte un jugement tranchant sur cette esplanade où les arbres se battent en duel dans des bacs: «C'est laid et incompréhensible pour les passants», tranche-t-il auprès de Blick.

Compte tenu de l'été caniculaire, Mauro Poggia aurait souhaité un tout autre aménagement: «Poser du gazon, éventuellement traversé par un chemin piéton, aurait été un minimum. Embellir cet endroit avec des plantes apportant de la fraîcheur durant les vagues de chaleur relevait de l'évidence!»

Mais ce qui agace particulièrement le politicien, c'est de constater que l'argument de la végétalisation ne semble brandi que dans un cadre bien précis: «La Ville ne parle d'espaces verts que lorsqu'il s'agit de supprimer des places de parc.»

La promenade Saint-Antoine ne constitue d'ailleurs pas un cas isolé, ajoute Mauro Poggia en pointant du doigt l'immense plaine de Plainpalais, au cœur de Genève, qui accueille régulièrement de grands événements. «Il faut naturellement préserver une esplanade pour le cirque ou les manifestations d'ampleur, mais y planter des arbres et installer des bancs devrait aller de soi.»

Le visage aride de la promenade Saint-Antoine ne devrait toutefois plus s'éterniser. La Ville a annoncé que douze arbres supplémentaires seraient plantés sur le site dès cet automne. Reste à savoir si cette mesure suffira à transformer ce «désert de Gobi» en un coin de verdure digne de Genève.

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