Une personne domiciliée à Genève est actuellement sous surveillance après avoir voyagé dans le même avion qu'un malade atteint du hantavirus. Elle ne présente aucun symptôme et se trouve en isolement à domicile, a indiqué l'Office fédéral de la santé publique à Keystone-ATS.
Selon les informations communiquées vendredi par l'OFSP, cette personne se trouvait à bord d'un vol reliant l'île de Sainte-Hélène à Johannesburg, en Afrique du Sud, sur lequel se trouvait également un passager gravement malade. La personne sous surveillance à Genève n'était pas à bord du navire de croisière Hondius. Les autorités cantonales sont en contact étroit et surveillent son état de santé.
Le patient suisse qui a contracté le hantavirus sur le Hondius se trouve lui toujours à l’hôpital universitaire de Zurich. Selon l’OFSP, son épouse est en isolement à domicile. Vendredi, l'état du patient était stable, a indiqué l'hôpital à Keystone-ATS. L'homme est soigné à Zurich depuis le 4 mai. Selon l'hôpital, il présentait des symptômes tels qu'une légère fièvre, des douleurs articulaires, une toux et une légère détérioration de son état général.
L'hôpital avait été informé au préalable de l'infection potentielle, raison pour laquelle les mesures de protection nécessaires ont été appliquées dès le début. Le patient doit rester en quarantaine stricte pendant une durée pouvant aller jusqu'à 45 jours. Selon l'OFSP, il n'y a aucun danger pour les passagers qui se trouvaient dans l'avion avec le Suisse infecté. En effet, le patient n'a développé de la fièvre que trois jours après son arrivée.
Risque faible, selon l'OFSP
L'OFSP continue d'estimer que le risque pour la population est faible. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'agent pathogène apparu sur le bateau de croisière est le hantavirus de souche Andes, qui n'avait jusqu'à présent été recensé que dans le sud de l'Argentine et au Chili. Le navire, avec environ 150 personnes à bord, fait actuellement route vers Ténérife. Tous les passagers doivent y être examinés et testés. Toujours selon l'OMS il n'y avait plus jeudi aucun cas suspect à bord parmi les 150 passagers, mais le délai d'incubation, qui peut aller jusqu'à six semaines, incite à la prudence.
Le débarquement des passagers devra avoir lieu entre dimanche midi et lundi, «seule fenêtre» possible en raison de la météo, a souligné un responsable du gouvernement régional des Canaries. En attendant un nouvel état des lieux de l'OMS, les autorités sanitaires de plusieurs pays s'efforcent de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests. L'OMS a ainsi annoncé dans la matinée qu'une hôtesse de l'air de la compagnie néerlandaise KLM, qui avait été en contact avec la passagère néerlandaise ayant brièvement embarqué sur un vol Johannesburg-Amsterdam avant de décéder d'une infection à l'hantavirus, avait été testée négative.
Mais un peu plus tard, les autorités espagnoles ont annoncé qu'une femme ayant emprunté le même vol présentait des symptômes compatibles avec une infection à l'hantavirus et avait été hospitalisée dans la région de Valence. En Grande-Bretagne, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (UKHSA) a annoncé qu'un ressortissant britannique avait été classé parmi les cas suspects d'hantavirus liés au foyer détecté sur le MV Hondius.
Origine recherchée
Vingt-neuf passagers avaient déjà quitté le navire le 24 avril sur l’île atlantique de Sainte-Hélène, environ dix jours avant la confirmation du premier cas. Parmi eux se trouvait le patient suisse atteint du hantavirus et son épouse. L’OFSP n’a pas connaissance de la présence d’autres ressortissants suisses à bord du navire.
Des chercheurs en Argentine cherchent désormais l'origine des infections. À Ushuaia, où le Hondius a commencé son voyage le 1er avril, des rongeurs doivent être testés. Les hantavirus sont généralement transmis par des rongeurs infectés. Selon les autorités argentines, un couple néerlandais, qui a été le premier à présenter des symptômes et est décédé par la suite, voyageait dans la région depuis 2025.