«Une réponse proportionnée et graduée»
La police genevoise affirme avoir apporté «une réponse proportionnée» pour la manifestation No G7

La police cantonale genevoise a donné sa version de la manifestation No G7. Elle défend son dispositif, estimant avoir apporté une réponse graduée.
Manifestants aspergés au canon à eau par la police.
Photo: IMAGO/Gruppo LiveMedia
OLALLA_PROFIL_DROITE.jpg
Olalla Piñeiro TrigoJournaliste Blick

La manifestation No G7 du 14 juin dernier a largement fait parler d'elle, en particulier en raison de la nasse policière qui a bloqué près de 500 personnes durant plusieurs heures à Genève. Dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi 1er juillet, la police cantonale genevoise dresse le bilan de l'événement. 

Si elle reconnaît une manifestation autorisée «très majoritairement pacifique», elle estime toutefois que des «groupes organisés» ont «instrumentalisé» le cortège. Selon la police, quelque 600 individus venus de plusieurs pays ont pris part à la manifestation à Genève. Elle affirme que ces groupes avaient dissimulé le long du parcours du matériel, notamment des armes, des engins pyrotechniques ainsi que des éléments pouvant servir à fabriquer des engins incendiaires de type cocktail Molotov.

Violence des casseurs

La police déplore que ces casseurs, regroupés en deux black blocs, se se soient cachés derrière des manifestants pacifiques pour commettre «de nombreuses dégradations», en ciblant diverses banques et institutions financières. Selon elle, «leur placement témoigne d'une préparation et d'une intention». 

Selon la police genevoise, les casseurs s'en sont pris au dispositif de sécurité et aux forces de l'ordre, en leur lançant notamment des projectiles. Elle dénombre plusieurs incidents survenus durant la manifestation: un véhicule et un conteneur brûlés, des chantiers pillés pour récupérer du matériel «dissimulé au préalable», des bâtiments institutionnels ciblés (UBS, Raiffeisen, Banque du Léman, Hôtel Beau-Rivage, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l'Union internationale des télécommunications, PricewaterhouseCoopers). 

Une réponse policière «graduée»

La police estime avoir fait son devoir de protection de la population, en apportant «une réponse graduée». «Face à la persistance des violences, et après sommations adressées au mégaphone, les forces de l'ordre ont fait usage de moyens de contrainte à partir de 17h35, de manière graduée et proportionnée», écrit-elle dans son communiqué de presse.

La police insiste sur le fait d'avoir donné une série d'avertissements, avant de dissoudre la manifestation vers 18h20. Une décision qu'elle a dû prendre face aux «attaques» et à la «mise en danger des manifestants pacifiques». Elle aurait aussi rempli son devoir d'information: «De nombreuses injonctions de quitter les lieux ont été émises, laissant à chacun la possibilité de se disperser. Les organisateurs et les responsables de l'encadrement en ont été informés.» 

Mais cela n'aurait pas arrêté les violences. «Les éléments violents ont néanmoins poursuivi leurs déprédations vers la place des Nations puis sur l’avenue de France, allant jusqu’à tirer des mortiers d’artifice sur les forces de l’ordre.»

En raison du mélange «des individus violents avec des manifestants», la police a fini par entreprendre «un dispositif de fixation temporaire» avec l'objectif de contrôler les identités. Une démarche qui a été soumise et validée par le Procureur général. Lors de la nasse, la police assure avoir donné une attention aux personnes vulnérables et aux mineurs: elle leur a notamment distribué de l'eau et des couvertures de survie, et les a «contrôlés et libérés en priorité». 

Une série d'arrestation et contrôles en amont

Au total, la police indique que 549 personnes ont fait l'objet d'un contrôle d'identité. Parmi elles, 28 ont été conduites au poste de police pour des contrôles «approfondis». Au final, trois personnes ont fait l’objet d’une arrestation provisoire: deux sont soupçonnées d’avoir tiré des engins pyrotechniques, tandis que la dernière est soupçonnée d'avoir abîmé un véhicule policier. 

Elle assure que les données des individus contrôlés sans suite judiciaire seront détruites. C'est aussi le cas des données signalétiques (les informations utiles à l'identification d'une personne) après l'enquête. 

Dans son bilan, la police explique avoir pris des mesures préventives pour éviter les débordements. Elle détaille: les contrôles renforcés aux frontières ont permis 11 interdictions d'entrée de territoire, l'interpellation de 98 individus signalés par des autorités étrangères et de 19 personnes recherchées par les autorités suisses. Il y a aussi eu environ 200 objets saisis. Une quarantaine de personnes ont été refoulées vers la France. 

La ville protégée

A Genève même, la police a procédé à 126 saisies d'objets dangereux (couteaux, haches, marteaux, brise-vitres, boules de pétanque, objets pyrotechniques...) et du matériel de protection (cagoules et habits de rechange). 

La police genevoise tire un bilan positif de son intervention. Dans sa conclusion, elle considère que «le cœur économique et institutionnel de la cité a été protégé» et que la liberté de manifester a été «garantie». Elle se félicite aussi qu'aucun blessé grave ne soit à déplorer. 

Articles les plus lus