En bref
- Le Conseil d'Etat genevois a annoncé des mesures pour soutenir la police face à la charge de travail exceptionnelle prévue durant le G7, du 10 au 19 juin. Ces mesures incluent le paiement de 100 heures supplémentaires pour le personnel non policier et une augmentation du plafond annuel à 300 heures.
- Les syndicats de police expriment des inquiétudes quant au risque d'épuisement et demandent une planification respectueuse des règles de repos. La ministre de la sécurité, Carole-Anne Kast, a confirmé le respect des normes de travail, incluant une majoration de 25% des heures supplémentaires au-delà de 8 heures par jour.
- Une assemblée générale extraordinaire de l'Union du personnel du corps de police (UPCP) est prévue le 8 juin pour évaluer les promesses de mise en œuvre. Les syndicats insistent sur l'urgence de garantir l'application concrète de ces mesures pour protéger la santé et les droits des policiers.
La première volée de mesures annoncées par le Conseil d'Etat n'avaient pas suffi à rassurer la police genevoise et leurs syndicats, inquiets des conséquences du G7 sur les collaborateurs. Mobilisées dans leur ensemble, les forces de l'ordre devront effectivement répondre présentes du 10 au 19 juin, avec une charge de travail d'une intensité rare, si bien que le Conseil d'Etat avait autorisé le paiement de 100 heures supplémentaires par personne «pour le personnel de la police cantonale non policier, mobilisé dans le cadre du G7».
Le plafond de paiement des heures supplémentaires passe également de 200 à 300 heures, pour l'année 2026, au vu des circonstances exceptionnelles. Or, au-delà ces modalités de paiement, le personnel policier craignait surtout de voir s'accumuler une fatigue irrécupérable, au cours de l'été.
«Notre revendication principale n'est pas financière, nous expliquait Mike Berker, vice-président du Syndicat de la police judiciaire (SPJ), dans un précédent article. Ce que les collègues demandent avant tout, c'est une planification raisonnable, respectueuse de leur santé et conforme aux règles en vigueur. [...] Le problème aujourd'hui n'est pas celui du paiement: c'est celui de la charge de travail et du repos.»
Le repos et la récupération sont garantis
Après des tentatives de contact et une relance envoyée fin mai, les syndicats ont finalement reçu une réponse de la part de Carole-Anne Kast, ministre de la Sécurité, le mercredi 3 juin: «Madame la Conseillère d'Etat a confirmé que les règles applicables en matière de temps de travail devront être respectées dans le cadre du G7, se réjouit Mike Berker. Cela concerne notamment la majoration des heures effectuées au-delà de huit heures par jour, la comptabilisation des heures supplémentaires ainsi que les dispositions relatives aux temps de repos et à la récupération du personnel.»
Ainsi que le confirme «La Tribune de Genève», la magistrate promet également que toute heure supplémentaire quotidienne (donc au-dessus de 8 heures par jour) jour sera majorée de 25% durant le G7, tandis que l’état-major de la police est tenu de permettre la prise de jours de repos avant, pendant ou après la période concernée. Il se pourrait également que les heures supplémentaires des cadres soient formellement comptabilisées et que le personnel âgé de plus de 50 ans puisse se mobiliser volontairement durant le sommet, mais ces points sont encore en discussion. Contactée, Carole-Anne Kast n'a pas souhaité s'exprimer à ce propos.
«Nous saluons ces décisions, qui vont dans le bon sens et qui constituent une reconnaissance de l'engagement important demandé aux collaboratrices et collaborateurs concernés», affirme Mike Berker. Pour le SPJ, le débat sur les principes est désormais clos.»
Comment ces mesures seront-elles appliquées?
Les syndicats interrogent toutefois la mise en pratique concrète de ces promesses dans la planifications individuelles: «Nous attendons que les collaborateurs concernés puissent constater concrètement l'intégration des jours de repos annoncés ainsi que la correcte prise en compte des heures supplémentaires, précise notre interlocuteur. C'est à cette condition que nous pourrons envisager sereinement de renoncer à l'assemblée générale extraordinaire.»
En effet, la réunion de l'Union du personnel du corps de police (UPCP), actuellement prévue le 8 juin, est pour l'instant maintenue. Carole-Anne Kast y est d'ailleurs invitée, sachant que de possibles mesures pourraient être discutées à cette occasion. Les syndicats ont toutefois insisté sur leur volonté de prioriser le dialogue pour trouver des solutions satisfaisantes. Mais le temps presse, l'événement s'approchant à grands pas.
«Nous restons tout aussi déterminés à défendre l'intégrité physique, psychologique et juridique des policiers, et à nous assurer que les règles destinées à les protéger soient effectivement appliquées, conclut Mike Berker. Les policiers feront leur devoir pour le G7. Nous veillerons simplement à ce que l'institution fasse le sien envers eux.»