Elle avait 78 ans
Jacqueline Maurer-Mayor, première femme élue au Conseil d'Etat vaudois, n'est plus

Jacqueline Maurer-Mayor, première femme élue au Conseil d'Etat vaudois, est décédée subitement lundi à 78 ans. Elle a marqué l'histoire politique du canton de 1997 à 2007.
L'annonce de sa disparition a été faite mardi après-midi en ouverture de la séance du Grand Conseil vaudois.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

L'ancienne conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline Maurer-Mayor est décédée subitement lundi à l'âge de 78 ans. Elle avait siégé au Château cantonal de 1997 à 2007, devenant la première femme à accéder à ce poste.

L'annonce de sa disparition a été faite mardi après-midi en ouverture de la séance du Grand Conseil par son président Stéphane Montangero. Il a notamment rappelé «l'élection historique» de la radicale, «première femme à accéder à une fonction politique aussi élevée» dans le canton. Elle a «ouvert la voie à ses successeures» et «normalisé enfin» l'accession de femmes au Conseil d'Etat, a-t-il ajouté.

Jacqueline Maurer-Mayor avait accédé au gouvernement vaudois en mars 1997, à la faveur d'une élection complémentaire, succédant au radical Jacques Martin. Elle l'avait emporté sur la candidature de combat de Pierre-Yves Maillard, alors jeune conseiller communal et président du PS lausannois.

Née le 22 juin 1947 à Vaulion, elle a présidé deux fois le Conseil d'Etat, en 2000 et 2004. En charge du Département de l'économie, cette adepte du partenariat social a dû affronter quelques tempêtes, dont la plus forte reste sans doute la crise de la Banque cantonale vaudoise (BCV), qui avait dû être recapitalisée à hauteur de 1,25 milliard de francs. Elle s'est aussi investie pour le développement économique et les chômeurs de longue durée.

Une femme pionnière

Son parcours politique l'a fait passer par le Conseil communal lausannois (1973-1981), puis le Grand Conseil (1978-1986, 1990-1997), qu'elle a présidé en 1996. Cette ancienne assistante de direction n'était alors que la deuxième Vaudoise à ce poste, quinze ans après la libérale Marguerite Narbel.

Au sein de son parti, elle a aussi endossé des responsabilités, présidant les Femmes radicales vaudoises puis devenant la vice-présidente du Parti radical vaudois. Elle a en outre dirigé la section vaudoise de l'Automobile Club de Suisse et a présidé le Groupement des hôpitaux régionaux vaudois.

Des problèmes de santé

Jacqueline Maurer-Mayor a connu des problèmes de santé, notamment en 2000 alors qu'elle siégeait au Conseil d'Etat. Elle avait dû être opérée d'un anévrisme intracrânien, ce qui l'avait amenée à revoir ses priorités, expliquait-elle alors. Elle était à nouveau hospitalisée presque dix ans plus tard, en mai 2009, après une rupture d'anévrisme, ce qui l'avait conduite à quitter la présidence du conseil de la Fondation de Beaulieu pour alléger son emploi du temps.

Au moment de son départ du gouvernement, le président du Grand Conseil saluait une «femme d'Etat» et une «grande dame» dont la «fidélité et la loyauté» étaient les principales qualités, mais qui pouvait parfois se montrer «colérique, voire soupe au lait». Il lui avait offert un battant de toupin, symbole de son tempérament de «battante et combattante».

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