Les deux dernières cheminées de l'ancienne raffinerie Tamoil de Collombey-Muraz (VS) ont été dynamitées à l'explosif jeudi en début d'après-midi. Désormais, il ne subsiste plus de vestige d'une entreprise qui aura marqué le tissu économique régional.
Les cheminées de près de 100 mètres pour un poids total de 4000 tonnes se sont effondrées, l'une après l'autre, comme un château de cartes, en quelques secondes. Préparée depuis près de trois mois afin d'éviter toute mauvaise surprise, l'opération a nécessité l'utilisation de 50 kilos d'explosifs. Les routes à proximité ont été fermées durant près d'une heure pour des questions de sécurité.
Longs travaux préparatoires
Les gravas seront réutilisés dans des projets de constructions, dans la région. «Nous avons privilégié des circuits courts», a souligné, jeudi en conférence de presse, le directeur de Tamoil Suisse SA (TSSA), Stéphane Trachsler.
La démolition du jour a été préparée avec minutie. «Des études approfondies environnementales, techniques et d’analyse des risques ont été menées depuis 2024 et des essais sur le terrain ont été réalisés, en 2025, afin d'évaluer les vibrations au sol», a précisé Stéphane Trachsler.
Limiter les vibrations au sol
Sur le site, deux équipes spécialisées ont d’abord procédé à une découpe directionnelle partielle du béton afin de contrôler avec précision la trajectoire de la chute. En parallèle, quelque 250 trous ont été forés dans les structures pour accueillir les charges explosives.
Des protections contre les projections ont également été mises en place, tandis qu’un lit de réception a été aménagé au sol pour absorber une partie de l’impact et limiter les vibrations lors de l’effondrement. Des systèmes de pulvérisation d’eau ont été installés autour des deux cheminées afin de réduire, au maximum, le dégagement de poussière lors des chutes des deux cheminées. Celui-ci a effectivement été contenu.
«La fin et un commencement»
«C’est une journée symbolique», a estimé pour sa part Olivier Turin, le président de Collombey-Muraz. «Elle clôt un chapitre industriel, mais permet d’entamer un nouveau départ qui va transformer notre paysage de proximité et du Chablais.»
«On ne peut pas voir disparaître un site qui a été un pourvoyeur d’énergie pour notre pays et qui a fait vivre tant de familles pendant des décennies, sans ressentir une certaine nostalgie, notamment chez les gens qui y ont travaillé», a avoué Stéphane Trachsler.
«Ce démantèlement, c’est à la fois une fin et un commencement», a conclu le Genevois, son esprit tourné vers l'avenir qui reste à écrire, «mais qui ne sera pas de l'industrie lourde, il sera tourné vers de nouvelles technologies.»