Lorsque Federica I.* apprend l’incendie de Crans-Montana dans la nuit du 1er janvier 2026, elle ne mesure pas immédiatement l’ampleur du drame. «Je dormais à Milan. Il n’y avait encore rien en ligne. Mais la voix de mon ex-mari était tremblante, ce qui est rare chez lui. Il m’a dit: 'C’est apocalyptique. Tu n’imagines pas ce qui s’est passé. Les filles vont bien, mais ici, c’est le chaos'», raconte-t-elle au «Corriere della Sera».
Leurs filles, Elisabetta et Francesca, alors âgées de 15 et 17 ans, ont été blessées dans l’incendie. Francesca a notamment souffert d’une intoxication au monoxyde de carbone et de brûlures du deuxième et du troisième degré sur 25% du corps.
«Mes filles ont quitté la boîte de nuit vers 00h30 pour aller boire un verre avec des amies sur la place», poursuit Federica I. Plus tard, elles sont retournées au bar. Francesca a pu entrer sans difficulté, tandis qu’Elisabetta, la plus jeune, a dû faire la queue.
Peu avant l’incendie, Francesca s’était rendue dans l’espace fumeurs situé près des toilettes. En entendant des cris et en apercevant les flammes, elle s’est précipitée vers l’escalier. Deux jeunes filles l’ont alors bousculée et elle est tombée.
«Impératif d’améliorer les soins»
La chute lui a provoqué une déchirure des ligaments du genou, mais elle lui a aussi permis d’échapper à la chaleur intense qui régnait dans l’escalier. Malgré ses graves blessures, l’adolescente a réussi à sortir du bâtiment. «Ses cheveux étaient brûlés, ses vêtements avaient fondu. Il ne lui restait que son jean, son téléphone portable et une amulette que je lui avais rapportée de Naples.»
Aujourd’hui, Federica I., elle-même médecin, plaide pour une meilleure prise en charge des grands brûlés. «Les brûlures sont des maladies chroniques aux séquelles durables. Il est impératif d’améliorer les soins.» Ses deux filles restent profondément marquées par le drame. Francesca se concentre sur sa convalescence, tandis qu’Elisabetta souffre toujours de stress post-traumatique.