Corps récupéré juste avant les funérailles
Chaos autour des autopsies des victimes de Crans-Montana

Le Ministère public valaisan a soudainement ordonné l'autopsie de Trystan Pidoux, décédé à Crans-Montana, peu avant ses funérailles. Les autorités avaient pourtant refusé l'autopsie d'une autre victime, suscitant une vague de critiques.
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Trystan Pidoux a été emmené pour une autopsie la veille de ses funérailles.
Photo: DR
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Helena Graf et Sebastian Babic

Chaos dans l'enquête sur l'incendie catastrophique de Crans-Montana! Pendant deux semaines, le Ministère public valaisan s'est abstenu de pratiquer une autopsie sur Trystan Pidoux de Pully (VD), avant de faire volte-face: l'adolescent était déjà exposé dans la chapelle de Saint-Roch à Lausanne. Ses funérailles devaient avoir lieu mercredi. Mais mardi soir, des médecins légistes sont venus chercher le corps pour l'autopsier.

Sa mère, Vinciane Stucky, a réagi avec une grande émotion: «Nous avions tout organisé.» Les fleurs, le prêtre; la mère a dû tout reporter. «La manière dont cela s'est déroulé a été extrêmement brutale!» Trystan Pidoux est la première victime dont on sait qu'une autopsie a été pratiquée.

Quelques jours auparavant, le parquet compétent a suscité des critiques dans ce contexte: il n'a par exemple pas donné suite à une demande d'autopsie formulée par la famille du golfeur italien Emanuele Galeppini. Le parquet de Rome a alors pris l'affaire en main – et a ordonné des autopsies sur les six victimes italiennes. L'Italien Giovanni Tamburi a même dû être exhumé.

Incompréhension chez les spécialistes

En Suisse aussi, la procédure soulève des questions: plusieurs avocats de victimes et cliniques des environs immédiats – comme l'hôpital de Sion et l'hôpital universitaire de Lausanne – n'ont pas connaissance d'autopsies pratiquées sur des victimes de l'incendie catastrophique de Crans-Montana. C'est ce qu'a rapporté la «NZZ» en se référant à plusieurs sources.

Le fait que le Ministère public valaisan n'ait pas procédé à des autopsies dans un premier temps suscite également l'incompréhension des spécialistes. C'est le cas pour Ulrich Zollinger, professeur de médecine légale et ancien codirecteur de l'Institut de médecine légale de l'Université de Berne. Il déclare à la «NZZ» que l'expérience montre que la plupart des proches veulent savoir comment et de quoi exactement les victimes sont mortes. Le Ministère public valaisan se mure dans le silence. Il ne répond plus aux demandes des médias.

Renonciation à l'autopsie

Selon le droit procédural suisse, seul le Ministère public peut ordonner une autopsie. Par exemple, pour déterminer la cause du décès. «Les résultats d'une autopsie – ou la connaissance de la cause exacte du décès – sont extrêmement importants pour une enquête pénale», explique à Blick Dirk Labudde, expert allemand en médecine légale.

Mais il faut d'abord procéder à un examen externe du corps. Le corps de la personne décédée est examiné à la recherche de blessures. «Parfois, des brûlures mortelles sont déjà visibles à l'extérieur», explique Dirk Labudde. «Dans de tels cas, le Ministère public peut renoncer à l'autopsie, car la cause du décès est déjà établie.»

C'est peut-être le cas pour certaines victimes de Crans-Montana. Mais le golfeur Emanuele Galeppini n'avait, selon sa famille, aucune blessure extérieure. Le Ministère public valaisan a néanmoins estimé qu'une autopsie n'était pas nécessaire, car la cause du décès était «évidente».

Sa famille se demande cependant si Emanuele Galeppini a été piétiné à mort ou s'il est mort d'une intoxication par la fumée. Dirk Labudde, expert en médecine légale, explique que l'examen externe du corps ne permet pas uniquement de constater des brûlures. «Des signes d'asphyxie peuvent également être visibles de l'extérieur», explique-t-il.

L'autopsie doit être effectuée rapidement

Si, après l'examen externe du corps, il y a des doutes sur la cause du décès, il faut procéder à une autopsie. Et ce, le plus rapidement possible. Car «si un corps n'est pas correctement refroidi et conservé, les tissus se décomposent, ce qui rend l'autopsie plus difficile», explique Dirk Labudde. Cela devrait maintenant être le cas pour certaines victimes de Crans-Montana.

Les résultats de l'autopsie de Trystan Pidoux sont désormais disponibles: le jeune homme de 17 ans est mort d'une intoxication par la fumée. Ses funérailles sont prévues vendredi.

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