L'enterrement a dû être reporté
«Les médecins légistes ont fait irruption et m'ont pris mon Trystan»

Trystan Pidoux, emporté par l'incendie de Crans-Montana à seulement 17 ans, devait être inhumé mercredi. Mais les funérailles ont dû être reportées in extremis en raison d'une demande d'autopsie. «Ils ont pris mon fils», déclare la maman de Trystan, sous le choc.
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Le drame de Crans-Montana a coûté la vie à Trystan Pidoux. Depuis sa maman, Vinciane Stucky, réclame justice.
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Nicolas Lurati

Vinciane Stucky est assise seule dans la chapelle Saint-Roch, à Lausanne. Nous sommes le mardi 13 janvier au soir. Dans la même pièce repose le corps de son fils, Trystan Pidoux, décédé à seulement 17 ans. Près de deux semaines se sont écoulées depuis le dramatique incendie de Crans-Montana.

Sa maman vit sans doute les heures les plus éprouvantes de sa vie. Le lendemain, elle doit enterrer son fils et lui dire adieu pour de bon. «Je ne sais pas si je survivrai à son enterrement», confiait-elle lundi dans un entretien accordé à Blick.

Vinciane Stucky souhaite rester au plus près de son enfant jusqu’à la cérémonie. «Le cercueil de Trystan était ouvert, raconte-t-elle jeudi après-midi au téléphone. Je voulais passer le plus de temps possible avec lui.»

Un recueillement brutalement interrompu

Seulement voilà, cet intense moment de recueillement est brutalement interrompu par la sonnerie de son téléphone. «On m’a annoncé que les médecins légistes allaient venir chercher Trystan pour pratiquer une autopsie, dans les heures qui suivaient», relate Vinciane Stucky, encore sous le choc.

«L’enterrement devait avoir lieu le lendemain, mercredi. Apprendre cela la veille a été terrible.» La famille doit alors reporter la cérémonie en urgence. «La venue du prêtre et les bouquets de fleurs avaient déjà été organisés», ajoute-t-elle.

Peu après ce douloureux appel, les médecins légistes font irruption dans la chapelle. «Ils ont fait irruption et m’ont arraché Trystan», raconte Vinciane Stucky. L’autopsie aura finalement le lendemain, soit mercredi, au matin.

Un chaos sans fin

Ce choc vient s’ajouter à la longue liste d’épisodes chaotiques vécus par les parents de Trystan en l’espace de deux semaines. Le 3 janvier, Vinciane Stucky apprend le décès de son fils par la police cantonale valaisanne. «Nous voulions que son corps soit transféré à la chapelle Saint-Roch, à Lausanne, pour que nous puissions l’avoir près de nous», explique-t-elle.

Les parents sollicitent la police pour organiser le transfert. Le corps est finalement acheminé le 5 janvier par une entreprise de pompes funèbres. Parallèlement, l’avocate de Vinciane Stucky dépose plainte pénale, notamment contre Jacques et Jessica Moretti, le couple de gérants du bar «Le Constellation». Elle sollicite également le Ministère public afin d’obtenir des informations sur l’avancée de l’enquête.

Le 7 janvier, elle demande explicitement si une autopsie de Trystan a été réalisée. Aucune réponse ne lui est donnée.

Le réveil tardif des autorités

Le dimanche 11 janvier, une cérémonie en hommage à Trystan Pidoux se tient à l’église Saint-François de Lausanne. Son cercueil est alors transféré de la chapelle à l’église, puis ramené ensuite à la chapelle.

Le lendemain, l’avocate de la mère de Trystan informe le Ministère public que l’enterrement est prévu pour le mercredi 14 janvier. Elle relance une nouvelle fois les autorités afin de savoir si une autopsie a été réalisée. A défaut, celle-ci doit être réalisée immédiatement pour que l’enterrement puisse se tenir.

C’est visiblement à ce moment-là que les autorités valaisannes réagissent et décident de procéder à l’autopsie. Mais Vinciane Stucky n’en est informée que quelques heures avant le début des funérailles. L’autopsie a bien lieu le mercredi matin. Les funérailles, elles, ont été reportées au vendredi 16 janvier.

Sur le fond, Vinciane Stucky se dit soulagée que l’autopsie a été réalisée. «Je pense que c’est une bonne chose qu’ils aient pratiqué une autopsie, confie-t-elle. Je veux connaître toute la vérité, comprendre comment mon Trystan est mort.» Elle dénonce toutefois la manière dont les choses se sont déroulées: «C’était d’une brutalité extrême. Tout a été bouleversé, y compris sur le plan émotionnel.»

Contacté jeudi par Blick, le Ministère public du canton du Valais n’a pas réagi.

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