Deux semaines après le tragique incendie du bar «Le Constellation» à Crans-Montana, de nombreuses victimes sont toujours prises en charge dans différents hôpitaux. Mais les premiers blessés – notamment les moins fortement brûlés – devraient prochainement pouvoir quitter l’hôpital et entamer leur rééducation.
Il leur faudra toutefois faire preuve de patience avant de retrouver le cours de leur vie. «Pour les personnes gravement touchées, il faut compter sur une phase de rééducation de plusieurs mois, voire de plusieurs années» pour les cas les plus graves, explique à Blick Gianni Roberto Rossi, CEO des cliniques Suva de Sion (VS) et de Bellikon (AG). Ces deux établissements sont les seules cliniques de réadaptation en Suisse spécialisées dans la prise en charge des grands brûlés.
Chaque année, les deux hôpitaux accompagnent jusqu’à 40 personnes. Ce qui attend désormais les centres de rééducation s’annonce toutefois d’une tout autre ampleur. «Ce qui est exceptionnel, c’est le nombre élevé de personnes concernées qui pourraient nous être adressées dans les prochains mois», explique le chef de clinique à Blick. «Nous nous préparons depuis le 2 janvier à accueillir les blessés de Crans-Montana.»
Un objectif clair: apporter de l'aide
En l'étant, trente-quatre blessés sont toujours hospitalisés en Suisse, selon les informations communiquées lundi par les autorités. Dix d’entre eux sont soignés en Valais et 24 dans des hôpitaux universitaires. Au total, 80 personnes se trouvent encore en traitement hospitalier, a déclaré dimanche soir le président du gouvernement valaisan, Mathias Reynard, à la RTS.
«Notre grand avantage, c’est que nos deux cliniques peuvent se soutenir mutuellement. Nous disposons d’une certaine flexibilité lorsqu’il s’agit d’échanger des ressources, souligne Gianni Roberto Rossi. Notre objectif est clair: nous voulons que tous les patients qui ont besoin de notre aide la reçoivent, que ce soit à la clinique Suva de Sion ou à celle de Bellikon.»
Pour y parvenir, il est prévu non seulement d’engager de nouveaux collaborateurs, mais aussi de former le personnel déjà en place. A l’heure actuelle, on ne sait toutefois pas combien de patientes et de patients seront effectivement orientés vers les cliniques de Sion et de Bellikon.
Les collaborateurs sont aussi suivis
Douleurs, démangeaisons, modification de la sensibilité cutanée, sans compter la prise en charge psychologique du traumatisme subi. Pour les grands brûlés, la rééducation est tout sauf une sinécure. «Que la surface de la peau d’une personne soit brûlée à 20, 70% ou davantage a une influence déterminante sur le processus de guérison», souligne le spécialiste de la rééducation.
Les équipes soignantes sont elles aussi confrontées à des défis majeurs. Les soins des plaies, l’optimisation de la cicatrisation, la mobilité et la mobilisation constituent autant de repères pour Gianni Roberto Rossi lorsque des difficultés apparaissent.
Ces situations souvent très éprouvantes et émotionnelles ont également des répercussions sur le personnel traitant. «C’est pourquoi nous accordons une grande importance à l’accompagnement et au soutien étroits de nos collaborateurs, afin qu’ils puissent continuer à exercer leur travail exigeant de manière professionnelle et avec la stabilité nécessaire», assure Gianni Roberto Rossi.