Le marché de l’emploi continue de se tendre en Suisse romande. Selon les chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) relayés par la «Tribune de Genève», ce mardi 26 mai, Genève affiche désormais le taux de chômage le plus élevé du pays avec 5,1%, devant le canton de Vaud (4,8%), le Jura (4,7%) et Neuchâtel (4,5%). Dans le canton de Vaud, 20’529 personnes étaient inscrites au chômage le mois dernier, soit une hausse de 11% sur un an.
Mais cette progression ne date pas d’hier. Depuis juin 2023, la tendance à la hausse s’est installée dans un contexte économique jugé incertain, où les entreprises freinent leurs recrutements et où les offres d’emploi se raréfient. Et le phénomène ne touche plus uniquement certains profils ou branches spécifiques: il concerne désormais l’ensemble du marché du travail.
Dans le canton de Vaud, le nombre réel de personnes en recherche d’emploi dépasse même les statistiques du chômage, précise «24 heures». Au total, 31’115 demandeurs d’emploi sont inscrits auprès des Offices régionaux de placement (ORP).
L'impact de l'intelligence artificielle
Certaines régions vaudoises sont particulièrement fragilisées. Parmi les communes de plus de 1000 habitants, Vallorbe, Aigle et Moudon affichent les taux les plus élevés du canton.
Pour expliquer cet écart avec la moyenne suisse, établie à 3% en avril, l’économiste Rafael Lalive, de l’Université de Lausanne, souligne le poids du secteur des services dans l’économie vaudoise, des emplois jugés plus instables que ceux de l’industrie. Contacté par nos confrères et consoeurs, il rappelle que Vaud comptabilise les chômeurs en fin de droits, ce qui ajoute environ 0,4 point au taux cantonal.
Le contraste reste toutefois marqué selon les secteurs. Les branches scientifiques, informatiques et le commerce enregistrent une hausse du chômage, tandis que le bâtiment et l’hôtellerie-restauration continuent de recruter fortement avec la reprise des chantiers et l’approche de la saison estivale. Les experts observent aussi une dégradation chez les jeunes diplômés déjà exposés aux effets de l’intelligence artificielle.