Bien que minime, le risque existe en Suisse!
Au Canada, un enfant est décédé de la rage après avoir touché une chauve-souris

Un enfant canadien de 11 ans s'est réveillé avec une chauve-souris blottie sur le visage. Vingt jours plus tard, il décédait de la rage. Si les cas sont rarissimes en Suisse, certaines précautions restent cruciales, face à ces petits mammifères très actifs en été.
En Suisse, 7 cas de rage ont été détectés chez des chauves-souris, depuis 1992. Ne les touchez jamais et consultez au plus vite en cas de morsure.
Photo: Shutterstock

En bref

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  • Un garçon de 11 ans au Canada est décédé de la rage en 2024 après avoir été en contact avec une chauve-souris dans une cabane en Ontario. L’animal s'était posé sur son visage, mais les parents n'ont pas détecté de morsure et n'ont pas consulté de médecin.
  • Les morsures de chauve-souris sont souvent invisibles à cause de la petite taille de leurs dents, ce qui peut compliquer la détection de blessures. Les HUG recommandent de traiter tout contact avec ces animaux comme une exposition potentielle à la rage.
  • En Suisse, sept cas de rage chez des chauves-souris ont été recensés depuis 1992. Malgré un risque faible, l’OSAV recommande d’éviter tout contact avec des chauves-souris et de consulter immédiatement un médecin en cas de contact ou après s'être réveillé dans une pièce où se trouve une chauve-souris.
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Il vous est peut-être déjà arrivé d'apercevoir, dans un moment d'effroi, une chauve-souris affolée en pleine exploration de votre salon. Très actifs en été, ces petits mammifères s'infiltrent parfois par erreur dans les habitations, le soir, alors qu'ils chassaient des moustiques tout près des fenêtres grandes ouvertes. Bien qu'elles restent occasionnelles, ces scènes crépusculaires peuvent semer un vent de panique: comment faire sortir la bestiole terrifiée, perturbée par la lumière et désemparée de s'être retrouvée dans un lieu clos? 

C'est la question que s'est posée une famille canadienne, alors qu'elle séjournait dans une cabane de l'Ontario: leur fils de 11 ans s'est effectivement réveillé avec une chauve-souris blottie sur le nez et la bouche. Surpris, le garçon s'est hâté de chasser l'animal, avant que son père ne parvienne à l'attraper dans une casserole, pour le libérer, précise «The Guardian». Rassurés de n'apercevoir aucune trace de morsure sur la peau de leur fils, les parents renoncent à appeler leur médecin. Les faits se sont déroulés en 2024, mais viennent de paraître dans un rapport glaçant du Canadian Medical Association Journal.

Décédé de la rage, moins de trois semaines plus tard

Car, hélas, ce qui aurait pu s'apparenter à une histoire de vacances insolite n'a pas tardé à virer au drame. Dix-neuf jours plus tard, le garçon ressent des fourmillements sur le côté droit de son visage. Son état empire très rapidement et les médecins sont forcés de constater qu'il présente tous les signaux d'alerte de la rage. Sachant que cette maladie devient mortelle dès l'apparition des symptômes, le garçon est malheureusement décédé peu après, aux soins intensifs. 

Toujours d'après «The Guardian», il s'agit d'un cas de figure extrêmement rare, puisque seuls quatre cas avérés de rage n'avaient été enregistrés au Canada depuis 1924. Le dernier cas confirmé, concernant l'Ontario, datait de 1967. 

À noter que les morsures de chauve-souris, dont la salive peut transmettre la maladie, sont tellement minuscules qu'elles échappent souvent aux observations les plus minutieuses. «Les morsures ne sont pas forcément identifiées vu la petite taille de la dentition et chaque contact physique avec les chiroptères est un cas d’exposition potentiel à la maladie et doit être pris au sérieux», notent les HUG

Le même danger existe-t-il en Suisse?

Du côté de la Suisse, le risque existe, en théorie. Pas de panique, toutefois, puisque le pays est indemne de rage terrestre depuis la fin des années 90, rassure l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Celui-ci précise toutefois que «des cas isolés chez les chauves-souris restent possibles.» En Europe, 33 cas concernant ces petits mammifères ont notamment été annoncés en 2026. 

D'après le dernier rapport du Centre suisse de la rage, publié en 2025, un total de sept cas ont été détectés chez des chauves-souris depuis 1992. «Le risque de transmission à d’autres animaux sauvages ou domestiques (en particulier les chats, chasseurs accomplis) est en réalité négligeable en raison de la biologie particulière et de la très faible propagation de cette forme de rage, explique le Centre. Même dans ce scénario peu probable, un humain ne pourrait être contaminé que si l’animal domestique concerné développait des symptômes manifestes, la rage ne pouvant pas se transmettre de manière indirecte.» 

Une prophylaxie post-expositionnelle (PEP) immédiate est toutefois recommandée en cas de contact physique ou de morsure avec un être humain. «Il est donc également important de ne pas toucher les animaux sauvages, en particulier s’ils sont malades ou présentent un comportement inhabituel, et d’éviter les blessures par morsure», poursuit le Centre suisse de la rage. L'incubation de la rage des chauves-souris, provoquée par le Lyssavirus des chauves-souris européen (EBLV) est suffisamment longue pour permettre une PEP complète, très efficace dans la quasi-totalité des cas. 

Comment éviter les risques avec les chauves-souris?

Il s'agit donc d'éviter absolument de toucher la chauve-souris, si vous la trouvez dans votre domicile. Pour la faire sortir, si elle est encore en train de voler à toute allure dans une pièce, éteignez la lumière, ouvrez grand les fenêtres et laissez-la retrouver son chemin vers l'extérieur par elle-même. Vérifiez ensuite si elle n'a pas laissé quelques excréments sur son passage, et évitez de les toucher à mains nues. 

Si, en revanche, l'animal est discrètement perché derrière un volet ou retrouvé mort, il est conseillé d'appeler une société spécialisée, comme la fondation pour la protection des chauves-souris, qui vous donnera des conseils. Certaines plateformes et entreprises de lutte contre les nuisibles recommandent également de consulter un médecin si vous avez trouvé une chauve-souris dans votre chambre à coucher, ou si vous vous êtes réveillé dans la pièce où elle se trouve. En France, chaque année, une cinquantaine de personnes se voient prescrire un traitement préventif (PEP) après un contact avec une chauve-souris, dans un endroit clos. 

Rappelons toutefois que les cas confirmés de rage de la chauve-souris restent incroyablement rares et que ces petits animaux sont essentiels pour la biodiversité. Protégées par l'accord régional sur la conservation des populations de chauves-souris européennes (EUROBATS), elles figurent néanmoins sur la liste rouge des espèces menacées de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

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