Les tests cliniques pour des médicaments anti-viraux contre Ebola ont démarré en République démocratique du Congo (RDC). L'enregistrement des patients a débuté jeudi, a affirmé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève.
Les deux anti-viraux, le MBP-134 et le remdesivir, pourraient peut-être diminuer la mortalité liée à Ebola, soit séparément soit en combinaison. Les essais sont soutenus par l'OMS et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
Près de 1500 cas confirmés d'Ebola ont été observés depuis le début de cette épidémie. Près de 210 personnes ont guéri et plus de 430 ont succombé. Aucun médicament ni vaccin n'existe contre la souche actuelle de cette maladie.
Les personnes qui se sont enregistrées seront suivies pendant un mois au moins. «Nous pourrions sauver de nombreux individus avec des médicaments sûrs», affirme le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le ministre congolais de la santé Samuel Roger Kamba parle d'une «avancée significative» contre le virus.
Le foyer de la crise
Le foyer de la crise, dont l'ampleur réelle est encore difficile à évaluer, se situe dans la province de l'Ituri (91,2% des cas et 83,6% des décès), frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud. Le virus est également présent dans les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette dernière n'a enregistré aucun nouveau cas confirmé depuis le 26 mai.
A Kisangani, cité de 1,5 million d'habitants, un test récemment conduit sur la dépouille d'une femme de 24 ans et enceinte s'est révélé positif, selon l'INSP. «Le corps a été transporté clandestinement par moto vers Kisangani» depuis la zone de santé de Nia Nia en Ituri, selon les autorités sanitaires.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, a tué plus de 15'000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L'épidémie la plus meurtrière en RDCongo avait fait près de 2300 morts pour 3500 malades recensés, entre 2018 et 2020.