Le passage à l'heure d'hiver traîne dans son sombre sillage un danger que la police souligne chaque année: celui des vols par effraction, qui connaissent un bond inquiétant en cette saison. Pour sensibiliser la population à ce risque, les corps de police suisses et la Prévention suisse de la criminalité (PSC) lancent une vaste campagne de prévention nationale, intitulée «Cambriolage dans le viseur?».
Ainsi que le précise un communiqué diffusé ce lundi 26 octobre, l'année 2025 a compté 46'636 vols par effraction ou par introduction clandestine en 2025, contre 46'070 cas en 2024. Le nombre de cambriolages a donc augmenté de 1,2% en une année, dépassant la valeur d'avant-pandémie pour la troisième fois consécutive. Dans le seul canton de Vaud, 7093 cambriolages ont eu lieu en 2025, contre 6517 en 2024, ce qui équivaut à une hausse de 8,8%.
Le 14 novembre, des actions de sensibilisation seront organisées par les polices vaudoises dans différents centres commerciaux du canton, pour aider la population à mesurer et prévenir le danger.
«On se dit que ça n'arrive qu'aux autres»
«En automne, à mesure que les nuits s’allongent, les cambrioleuses et les cambrioleurs peuvent plus facilement repérer les maisons et les appartements qui semblent inoccupés, prévient la police, dans son communiqué. Entre septembre et mars, les cambriolages dits 'du crépuscule', commis dans des habitations privées, sont ainsi plus fréquents.» Sans oublier que l'obscurité leur permet également d'agir en toute discrétion, tapis dans la pénombre.
C'est précisément ce que décrit François Nanchen, inspecteur principal adjoint de la Police cantonale vaudoise (eCop François sur Instagram), dans un poème relayé sur les réseaux sociaux, le 25 octobre: «Nous venons de passer à l'heure d'hiver; Adieu longues soirées, adieu belle lumière. Quand la nuit tombe tôt, les brigands sont ravis; de repérer les lieux qui leur semblent sans vie», rime-t-il.
Or, il n'a pas l'impression que toute la population sous-estime le risque: «Mais on peut facilement se dire que cela n’arrive qu’aux autres, surtout lorsqu’on se sent bien dans son quartier, nous affirme-t-il. Le but de la prévention est de rappeler quelques bons réflexes, sans créer de peur.»
Les bons réflexes pour se protéger
François Nanchen conseille ainsi de mettre l'accent sur la simulation d'une présence, au moyen d'une lumière programmée avec une minuterie, qui s'enclenche dès la tombée du jour, par exemple.
«On peut aussi utiliser des ampoules connectées et programmer l’éclairage de différentes pièces pour donner l’impression que le logement est occupé, poursuit-il. Des rideaux semi-opaques permettent de laisser filtrer la lumière tout en empêchant de voir clairement ce qui se passe à l’intérieur. Cela doit s’accompagner du verrouillage des portes et des fenêtres, même pour une courte absence. Et la vigilance entre voisins compte aussi: en cas de comportement suspect, appelez le 117.»
Dans son communiqué, la police cantonale vaudoise recommande par ailleurs de ne pas laisser des objets de valeur à portée de vue ou facilement accessibles, de verrouiller systématiquement les portes et les fenêtres, de ne jamais cacher ses clés à l'extérieur de son domicile et de vider régulièrement la boîte aux lettres, afin de ne pas donner l'impression qu'on est en voyage. «Ne signalez pas vos absences sur les réseaux sociaux et informez vos voisins lorsque vous vous absentez», concluent les forces de l'ordre.