L’Etat de Fribourg affiche un budget 2026 bis avec un excédent de 0,3 million de francs. Après le rejet de la LAFE le 26 avril, la copie n’intègre que les mesures du programme d’assainissement des finances de l’Etat (PAFE) relevant de la compétence du Conseil d’Etat.
Le document a été dévoilé jeudi à Fribourg, huit mois après une première mouture retirée après le lancement par la gauche et les syndicats d'un référendum contre la loi sur l'assainissement des finances de l'Etat (LAFE). L'exercice en cours a commencé du coup sans budget.
Des dépenses reportées
La nouvelle version est marquée par le report de certaines dépenses et une évaluation des revenus fiscaux fondée sur les comptes 2025. Ce qui contribue au respect de l’exigence constitutionnelle de l’équilibre. Les mesures du PAFE seront appliquées dès cette année, malgré les critiques des référendaires.
La non-indexation des salaires du personnel s’applique de fait. Quant à la non-compensation de la progression à froid, soit l'absence d'adaptation des barèmes d'impôt à l'inflation, elle n’est pas non plus rétroactive.
Le SSP dénonce
Le Syndicat des services publics juge le budget «largement insuffisant». La copie confirme que le «discours catastrophiste sur les finances publiques est déconnecté de la réalité», répète le SSP. Le syndicat déplore le maintien des mesures d’économies du programme d’assainissement des finances de l’Etat (PAFE). Celles-ci «frappent particulièrement le personnel de santé, et les métiers les plus précaires», avec le gel des indemnités pour horaires spéciaux, le moratoire sur la revalorisation des fonctions de la santé, et la non-compensation de la pénibilité du travail.
Et le SSP de rappeler dans son communiqué que le 26 avril, le peuple fribourgeois s’est «clairement» exprimé contre la «politique d’austérité» du gouvernement, en balayant la LAFE, «sans faire le tri entre les coupes de nature législative ou de la compétence du Conseil d’Etat». C'est pourquoi il exige le retrait «immédiat» des mesures d’économies figurant dans le PAFE.
Le rejet de la loi sur l'assainissement des finances de l'Etat (LAFE) portait sur les 18 mesures, sur les 85 du PAFE, revenant à la compétence du Grand Conseil. Celles-ci concernaient notamment des coupes salariales et budgétaires. Pour toutes ces raisons, le SSP estime que le budget 2026 "bis" reste «largement insuffisant», au vu de son interprétation du référendum gagné.