Elle pousse la chansonnette
Le secret de longévité de la Suissesse la plus âgée du pays

Hedwig Zaugg a fêté son 111e anniversaire le 17 mai et est ainsi la plus vieille femme suisse vivante. A la maison de retraite, elle a révélé à Blick le secret de sa longue vie… avec un intermède musical comme cadeau.
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Hedwig Zaug est la plus vieille femme suisse encore en vie. Elle est née le 17 mai 1915, en pleine Première Guerre mondiale.
Photo: Sebastian Babic
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Sebastian Babic

Hedwig Zaugg, originaire du village bernois de Walterswil, est née au milieu de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui installée dans une maison de retraite à Huttwil, elle est devenue la personne la plus âgée de Suisse. A 111 ans, elle raconte encore sa vie avec le sourire… et pousse même la chansonnette.

Le 17 mai dernier, Hedwig «Mubli» Zaugg a célébré son 111e anniversaire. Dans la résidence de Sonnegg, où elle vit désormais, l’événement n’est pas passé inaperçu. Une composition florale installée à l’entrée rend hommage à la doyenne des Suisses.

Dans sa chambre, la Bernoise accueille ses visiteurs avec gentillesse. Une aiguille et du fil à la main, elle tente encore de crocheter. Les gestes sont toujours là, même si les fils «ne s’assemblent plus comme avant».

La famille était le plus important

Hedwig Zaugg a grandi dans une époque bien plus simple. Dernière d’une fratrie de quatre enfants, elle a passé son enfance dans une petite ferme. Sa mère est morte de la grippe espagnole alors qu’elle n’avait que trois ans.

Son père et ses grands-parents ont ensuite élevé la famille. «Mon père était bienveillant, mais aussi parfois sévère. Il était très habile de ses mains et fabriquait presque tout lui-même», raconte-t-elle.

Ses sœurs et son frère ont très tôt aidé à la ferme. «Mais comme j’étais la plus jeune, j’ai été un peu ménagée», sourit-elle. Elle garde aussi un souvenir très fort de son grand-père. «Quand il est mort, nous avons perdu énormément. C’était quelqu’un au grand cœur», raconte-t-elle. «Il était toujours joyeux et aimait chanter.»

Un trait de caractère qu’il semble lui avoir transmis. En pleine conversation, Hedwig Zaugg se met soudain à entonner «Brienzer Buurli», une chanson populaire datant des années 1880. A 111 ans, elle se souvient encore presque de tous les couplets.

La musique la remplit de bonheur

Le plus beau souvenir de sa vie est lui aussi lié à la musique. «Notre voisin avait acheté un gramophone», raconte-t-elle. Un jour, en passant devant sa maison avec son père, elle entend «Es war einmal ein Musikus», un succès allemand des années 1930. «Cette musique m’a tellement touchée que j’en ai pleuré. J’aurais pu l’écouter toute la journée.»

Pour la visite de Blick, elle réajuste ses vêtements et a donné une sérénade.
Photo: Sebastian Babic

Elle évoque aussi avec émotion son mari Res. «C’était un vrai rigolo», dit-elle avec enthousiasme. Ensemble, ils ont fondé une famille. Aujourd’hui, Hedwig Zaugg est mère de deux filles, grand-mère de quatre petits-enfants et arrière-grand-mère de six arrière-petits-enfants.

Il y a encore une dizaine d’années, elle vivait de manière autonome. Mais après une fracture du bassin à la suite d’un accident, son quotidien est devenu plus difficile et elle a dû entrer en maison de retraite. «Parfois, ce n’est pas très drôle. Je suis simplement passée par là», glisse-t-elle. La cuisine, la pâtisserie et surtout le crochet lui manquent encore beaucoup.

Le secret de sa longue vie

Pour elle, il n’existe pas de recette miracle à une si longue vie. «Nous avons simplement vécu et pris la vie comme elle venait», explique-t-elle. «Et nous n’avions pas l’argent pour acheter toutes sortes de choses.»

La frugalité, le travail, la famille et une bonne alimentation ont toujours occupé une place importante dans son existence. La longévité semble aussi être une affaire de famille: «Mon père est lui aussi devenu presque centenaire.»

Etre en mouvement a également joué un rôle essentiel. Jusqu’à un âge avancé, Hedwig Zaugg pratiquait régulièrement le yoga. Aujourd’hui encore, le personnel soignant est impressionné par sa mobilité et sa condition physique. Elle partage d’ailleurs un dernier conseil: «J’ai toujours dit à mes enfants de manger trois noix par jour. C’est bon pour le cerveau.»

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