La Suisse doit se doter d'un dispositif national de suivi de la radicalisation. Le Conseil des Etats a tacitement accepté mardi une motion de Heidi Z'Graggen (Centre/UR) visant à développer la prévention et à mieux protéger les victimes.
La Suisse dispose déjà d'un plan d'action de lutte contre la radicalisation. Les cantons ont aussi mis sur pied des services d’alerte précoce. Mais, de l'avis de la conseillère aux Etats, ces centres ne recensent pas assez précisément les processus de radicalisation et les formes d’extrémisme.
«Nous devons en savoir davantage sur les processus latents qui présentent une menace pour notre société, afin de pouvoir détecter la radicalisation à un stade précoce et la combattre efficacement», a-t-elle estimé.
Le Conseil fédéral favorable
Le dispositif qu'elle propose devrait effectuer un suivi systématique de la radicalisation à l'échelle nationale, tenir compte de toutes les formes d'extrémisme, recenser les disparités régionales et identifier les vecteurs de radicalisation numériques comme la propagande sur les réseaux sociaux. Les compétences actuelles seront ainsi complétées.
Le Conseil fédéral soutient aussi cet objectif. Il est prêt à prendre en compte ces demandes lors de la définition du prochain plan d'action national contre la radicalisation et l'extrémisme violent, a répondu le chef du Département fédéral de justice et police Beat Jans.
L'affaire de Winterthour lors de laquelle un homme a poignardé trois personnes jeudi dernier montre à quel point la gestion des menaces est importante dans les cantons, a-t-il ajouté. Depuis 2015, le Service de renseignement de la Confédération constate une menace terroriste accrue en Suisse. Le National doit encore se prononcer.