Lorsque Placebo se produira au Hallenstadion de Zurich le 4 novembre, son chanteur Brian Molko se réjouira tout particulièrement de retrouver la Suisse. Pourquoi? «J’aime les boutiques duty-free de vos aéroports. Comme la Suisse ne fait pas partie de l’UE, il n’y a pas d’avertissements alarmistes sur les paquets de cigarettes – on peut encore les acheter avec un joli design», s'amuse le leader du groupe lors d’un entretien accordé à Blick. «Le duty-free de Genève est mon préféré. Et j’apprécie aussi beaucoup l’Open Air de Saint-Gall.»
Mais Brian Molko ne vient pas seulement pour le tabac! Placebo Re:Created est le titre du nouvel album que le trio sortira le 19 juin et présentera lors de son concert zurichois. Il s'agit d'une réinterprétation en profondeur de leur premier opus éponyme, sorti en 1996. La setlist de la tournée comprendra des titres tirés des premier et deuxième albums – «pas dans l’ordre chronologique, mais agencés de manière à raconter ensemble l’histoire la plus forte».
«A l’époque, notre expérience était très limitée»
L’auteur-compositeur explique pourquoi le groupe s’est replongé dans ce disque trois décennies plus tard. «A l’époque, notre expérience était très limitée. Nous ne savions pas quoi faire en studio et nous jouions simplement les morceaux comme si nous étions sur scène», confie-t-il.
«Je jouais de la guitare et je chantais, Stefan Olsdal était à la basse et Robert Schultzberg à la batterie. C’était tout ce que nous savions faire.» Si une prise sonnait assez bien, le morceau était considéré comme plié. Un minimalisme qui a payé: au cours de sa carrière, le groupe de rock alternatif a vendu plus de 12 millions d’albums à travers le monde.
Inspiré par Tricky
Pour Brian Molko, l’album original conserve une immense valeur: «Dans sa forme initiale, le premier album est un document très précis de ce que nous étions à ce moment-là.» L’idée de ce réenregistrement est née fin 2024, inspirée par le producteur de musique britannique Tricky, qui avait fait de même avec son mythique premier album Maxinquaye.
«Cela m’a tout de suite parlé. Et comme j’avais un 30e anniversaire de groupe à fêter, je me suis dit: cette idée est tellement bonne que je dois la piquer», assume le chanteur. L'enregistrement s'est fait au pas de charge, en l'espace de 13 jours seulement: «C’est le projet d’album le plus court de toute ma carrière.»
Le chanteur considère le résultat comme une sorte de «director's cut». A l’exception du didgeridoo, rien n’a été retiré de l’œuvre d’origine. Au contraire, des éléments ont été ajoutés: «Plus de guitares, des sons de batterie plus modernes, et nous avons retravaillé les lignes de basse, précise Brian Molko. Nous avons même redécouvert et intégré des prises oubliées provenant des bandes maîtresses originales.»
Et Brian Molko nourrit une dernière ambition pour la tournée: «Je voudrais créer un univers à part pour les fans – de telle sorte qu’ils aient presque l’impression de voyager dans le temps et de retourner dans les années 90.»