La chaleur s’est installée tôt en Suisse cette année, avec des températures record relevées en mai dans de nombreuses régions. Si les bureaux sont souvent climatisés et que les employés bénéficient de valeurs indicatives en matière de protection contre la chaleur, de nombreux bâtiments scolaires restent mal préparés face à des étés toujours plus caniculaires.
C’est ce que souligne l’association faîtière des enseignantes et enseignants suisses (LCH) dans une nouvelle prise de position. Elle tire aujourd’hui la sonnette d’alarme. «La LCH estime que la situation actuelle est insuffisante du point de vue de la politique de l’éducation et du droit du travail.» L’organisation demande une nouvelle stratégie, qui ne repose plus sur des solutions d’urgence, mais sur une gestion de la canicule inscrite dans un cadre légal clair.
Des salles de classe en forêt et dans les caves
La principale revendication de l’association présidée par Dagmar Rösler est la mise en place d’un plan par étapes. Jusqu’à 26 degrés à l’intérieur, les cours se dérouleraient normalement. Entre 26 et 30 degrés, l’enseignement devrait être limité et adapté à la chaleur. Les leçons pourraient par exemple être déplacées en forêt, voire à la cave, selon les propositions avancées.
Ces solutions ne seraient toutefois possibles que pour certaines classes et seulement durant quelques heures. Les caves, en particulier, ne sont pas conçues pour accueillir durablement des élèves. A partir de 30 degrés, les cours ordinaires seraient suspendus selon ce plan.
Aujourd’hui, les décisions concernant l’adaptation de l’enseignement en cas de forte chaleur sont souvent laissées à la responsabilité des enseignants ou des directions d’école. Cette pratique peut entraîner des différences de traitement et créer de l’incertitude. Les enseignants ne savent pas toujours clairement jusqu’où ils peuvent aller.
Des climatiseurs «inévitables»
A long terme, ces solutions d’urgence ne devraient pas devenir la règle. Pour la LCH, la surchauffe de nombreux bâtiments scolaires s’explique d’abord par leur conception, avec par exemple de grandes surfaces vitrées ou des façades mal isolées. Les cours d’école peu végétalisées accentuent aussi la formation d’îlots de chaleur. A l’avenir, la protection contre la chaleur devrait donc devenir obligatoire lors des rénovations et des nouvelles constructions.
L’association estime par ailleurs que l’installation de climatiseurs sera «inévitable» lors de vagues de chaleur extrêmes. Couplés à des panneaux solaires, ces systèmes de refroidissement pourraient être alimentés avec une électricité propre et limiter leur impact climatique.
La limite supérieure de 26 degrés réclamée par la LCH repose, selon l’association, sur des connaissances médicales, physiologiques et relevant du droit du travail. Les enfants et les adolescents sont plus vulnérables à la chaleur. Leur surface corporelle est plus importante par rapport à leur masse, ils transpirent nettement moins que les adultes et ressentent moins la soif. Le risque de déshydratation est donc plus élevé.