«Grâce à la neige fraîche, nous avons enregistré de nombreuses réservations de dernière minute. Le week-end, nous affichions complet», explique l’hôtelier Hannes Ingold, qui dirige le Me and All Hotel Flims, au sein de la Weisse Arena. Au-delà des Grisons, les hôtels du Valais et de l’Oberland bernois profitent eux aussi d’un regain de réservations spontanées après les chutes de neige de mi-mars. Ces réservations se concentrent toutefois surtout sur les week-ends.
En mars, la clientèle change de rythme sur les pistes. Les skieurs ne cherchent plus à enchaîner les descentes jusqu’à la fermeture des installations. Ils privilégient les pauses prolongées dans les restaurants d’altitude. L’après-midi, le soleil printanier transforme rapidement la neige en «papotche», ce qui limite la pratique du ski.
Reste à savoir si cet afflux de réservations permettra de boucler une saison record. Après Pâques, même les plus chevronnés rangent leur matériel. Or cette année, la fête tombe tôt, dès la première semaine d’avril. Cela pourrait expliquer un niveau de réservations légèrement inférieur à celui de l’an dernier pour la fin de saison.
Sprint final de la saison
Si mars offre souvent de meilleures conditions d'enneigement que décembre, la saison d'hiver a tendance à s'essouffler plus tôt. Une situation problématique pour les stations. «Depuis plusieurs années, le mois de mars est un peu plus calme chez nous. Cette année ne fait pas exception, malgré d'excellentes conditions», constate Stefan Grossniklaus, président des hôteliers de l'Oberland bernois.
Les événements permettent toutefois de redynamiser cette période. Le festival électronique VSNZ à Grindelwald en est un exemple. Zermatt Unplugged ou les Top of the Mountain Concerts à Ischgl, en Autriche, attirent eux aussi une clientèle supplémentaire en montagne. Dans l’Oberland bernois, la saison est jugée «moyenne à bonne» dans l’hôtellerie. Elle repose sur un mois de décembre et un mois de janvier solides, ainsi qu’un excellent mois de février. Certaines destinations comme Gstaad ont nettement bénéficié de l’introduction du Magic Pass.
Un mois de février exceptionnel
Actuellement, la région entre dans une phase de transition vers une clientèle plus printanière. Si certains continuent à skier, d’autres viennent surtout pour se détendre et profiter de la montagne autrement. «La clientèle de printemps progresse, mais reste encore en dessous du niveau des années précédentes», observe Stefan Grossniklaus. «La situation géopolitique au Moyen-Orient joue sans doute un rôle.» Elle complique notamment la venue de touristes issus de cette région et d’Asie.
En altitude, les perspectives restent positives après l’hiver record de l’an dernier. «Les hôtels de Flims, Laax et Falera affichent actuellement une hausse de 5 à 6% par rapport à l’an dernier», précise Hannes Ingold, également président des hôteliers de la région. «Le mois de février a été excellent et mars s’annonce bien.
Les Américains toujours présents
Autre élément encourageant, la clientèle américaine continue de fréquenter les Alpes suisses. Certains craignaient un recul en raison des tensions commerciales avec les Etats-Unis. Pour l’heure, les hôtels grisons constatent au contraire une hausse de cette clientèle.
En Valais, la saison s’annonce également solide. Les chutes de neige tardives en début d’hiver ont attiré de nombreux amateurs de ski vers les stations les plus fiables. «Les domaines peuvent être enneigés de plus en plus rapidement. Cela offre une meilleure visibilité aux clients et limite les annulations», explique Olivier Andenmatten, président des hôteliers valaisans. «Nous nous dirigeons vers un hiver comparable à celui de l’an dernier en termes de nuitées.»
Le Valais progresse
Jusqu’à fin février, les remontées mécaniques valaisannes affichent une progression d’environ 2% sur un an. Zermatt continue de se démarquer. L’hôtellerie locale s’attend à une hausse de 5 à 10% par rapport à l’hiver précédent.
Ces bons résultats ne doivent toutefois pas masquer les difficultés rencontrées à plus basse altitude. En Suisse centrale et orientale notamment, les stations dépendent fortement de l’enneigement naturel, en particulier en plaine, pour attirer la clientèle à la journée. Plusieurs domaines ont ainsi reculé par rapport à l’hiver dernier.
Sur plusieurs années, le bilan reste néanmoins globalement positif. La plupart des stations concernées affichent des résultats solides, voire très bons, pour la saison en cours.