Les ménages frissonnent
Le prix du mazout se rapproche dangereusement du record historique

Le prix du mazout a encore augmenté de 10 francs pour 100 litres depuis le début de la semaine. Aucun soulagement ne se profile sur le front des prix. Un nouveau record historique menace-t-il cet hiver?
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La saison de chauffage a commencé.
Photo: Keystone
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Martin Schmidt

Les nuits se rafraîchissent et les chauffages commencent à se rallumer. Ceux qui n'ont pas encore rempli leur citerne vont frissonner à la vue du prix du mazout. 100 litres coûtent actuellement 173,50 francs, soit environ 10 francs de plus qu'au début de la semaine. Pour remplir une citerne moyenne dans un ménage de 3000 litres, il faudra débourser plus de 5200 francs. Un prix qui se rapproche toujours davantage de son record historique.

Le combustible fossile n’a dépassé son prix actuel que brièvement, après le déclenchement de la guerre en Ukraine. A l'époque, le pic avait presque atteint la barre des 200 francs pendant une journée. Le lendemain, le prix était encore supérieur au niveau actuel, mais il était rapidement redescendu. Cette semaine est donc l'une des plus chères de l'histoire.

Cette flambée des prix s'explique par la guerre en Iran et les niveaux très bas du Rhin, qui entraînent des coûts de transport élevés. Les craintes de perturbations de l’approvisionnement alimentent également cette récente hausse.

Les commandes augmentent

Depuis début juillet, les prix du mazout augmentent plus ou moins continuellement, accentuant la pression sur les ménages suisses. Dans l’espoir d’une accalmie, nombre d’entre eux avaient retardé leurs commandes. Résultat, les citernes sont aujourd’hui moins remplies que les années précédentes. Mais l’attentisme cède désormais la place à l’urgence: «la demande de mazout a sensiblement augmenté depuis la mi-septembre», explique Christoph Schifferle, directeur de Tanner Oel, basé à Gachnang (TG). Le fournisseur a ainsi enregistré davantage de journées où les commandes de mazout dépassaient ses capacités de livraison.

Les propriétaires, et surtout les régies immobilières, cherchent à sécuriser au moins une partie de leur approvisionnement pour aborder l’hiver avec des réserves suffisantes. Selon Christoph Schifferle, les livraisons en urgence restent rares. Pour les autres clients, les délais ont doublé depuis la mi-septembre. «Il faut désormais compter plutôt deux à quatre semaines pour être livré», précise-t-il.

Chez Coop Pronto, les délais de livraison se sont allongés d'une semaine depuis début septembre. L'enseigne ressent toutefois une certaine retenue dans les commandes.

Les prix pourraient encore grimper

Chez Migrol, on constate depuis mi-septembre une «augmentation sensible des commandes reçues». Les délais de livraison varient de cinq à dix jours selon la région, pouvant malgré tout s'allonger jusqu'à quatre semaines. Les besoins de réapprovisionnement restent néanmoins importants.

Les commandes augmentent également chez Agrola, qui propose des rabais afin d’éviter que tous les clients ne passent commande en même temps. L'entreprise n'a pas encore relevé de ruée massive: seules certaines régions ont vu leurs délais de livraison prolongés de quelques jours. A noter que le marché du mazout est volatil: la clientèle réagit rapidement aux changements de prix et aux conditions météorologiques.

Les prix semblent encore avoir une certaine marge de progression. Si la demande augmente nettement au cours des prochaines semaines, les prix devraient encore grimper. Une nouvelle escalade en Iran pourrait également rapprocher dangereusement les prix du record historique de 2022.

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