Fini la saisie des numéros?
Blick a testé la «super-balance IA» censée révolutionner vos achats chez Lidl

Fini les numéros à mémoriser! Lidl déploie en Suisse de nouvelles balances munies d'outils d'IA capables de reconnaître vos fruits et légumes. Blick a testé pour vous cette innovation.
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Grâce à ces nouvelles balances munies d'outils d'IA, plus besoin de saisir les numéros!
Photo: Philippe Rossier
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Milena Kälin et Philippe Rossier

Une balance qui ne se contente pas de peser, mais qui sait aussi ce qu'on y dépose? Cela ressemble à de la science-fiction, mais c'est désormais une réalité chez Lidl.

Le discounter a lancé mi-avril ces «super-balances», et s'impose ainsi comme le premier et, à ce jour, le seul détaillant alimentaire de Suisse à sauter le pas. Lors d'un entretien accordé à Blick, l'entreprise a annoncé son intention d'équiper l'ensemble de ses 200 succursales en Suisse avec ces nouveaux appareils munis d'outils d'intelligence artificielle et conçus par le groupe américain fondé à Bussigny (VD), Mettler Toledo.

Trente magasins en ont été équipés jusqu'à présent, et deux nouveaux points de vente devraient suivre chaque semaine, indique Lidl. En Suisse romande, elles sont déjà disponibles dans les magasins suivants:

  • Crissier (VD)
  • Payerne (VD)
  • Yverdon-les-Bains (VD)
  • Matran (FR)
  • Bevaix (NE)
  • Collombey (VS)
  • Conthey (VS)

Le point fort de cette «super-balance»: sa capacité à identifier de façon autonome tous les fruits et légumes vendus au poids et non emballés. Plus besoin, donc, de retenir le moindre numéro devant les étals.

La «super-balance» est-elle vraiment efficace? Blick est allé tester pour vous cette fameuse balance IA dans le magasin Lidl de Bremgarten, en Argovie. La marche à suivre pour son utilisation s'avère d'une simplicité quasi enfantine:

  1. Poser le fruit ou le légume sur le plateau.

  2. La caméra scanne l'article et formule une ou plusieurs propositions.

  3. Cliquer sur la bonne option.

  4. Sélectionner le type d'emballage.

  5. Coller l'étiquette.

L'IA reconnaît qu'il s'agit de bananes. Il n'est donc plus nécessaire de saisir un numéro.
Photo: Philippe Rossier

Si efficace, la «super-balance»?

Les essais menés par Blick le confirment: la caméra identifie de manière fiable le contenu du plateau, qu'il s'agisse de fenouil, de carottes, de bananes, d'abricots, de concombres ou de courgettes. L'IA formule parfois plusieurs hypothèses; la suggestion la plus probable s'affiche alors tout à gauche. Le système apprend en continu au fil des choix effectués par les clients, ce qui affine sa précision au quotidien. Les produits peuvent être pesés sans emballage, dans un sac en plastique ou dans un filet réutilisable proposé par Lidl.

En revanche, l'appareil montre rapidement ses limites avec d'autres types d'emballages. Lorsqu'un client tente d'utiliser son propre filet en tissu, la reconnaissance devient impossible: l'IA ne propose que des options erronées. Dans ce cas de figure, il reste possible de sélectionner manuellement l'article dans la liste, comme c'était le cas jusqu'à présent.

Pour les abricots, la balance suggère également des pêches et des oranges. «Parce que les oranges sont plutôt petites en ce moment», explique un employé. Si deux articles différents se trouvent en même temps sur la balance – par exemple un concombre et une courgette –, l'appareil détecte les deux sans toutefois afficher d'avertissement. La triche reste donc possible, même sans saisir de numéro.

La balance ne signale aucun problème lorsque deux articles différents se trouvent sur le plateau.
Photo: Philippe Rossier

Autre limite: la balance ne distingue pas les produits bio, ni ceux issus du commerce équitable, ce qui nécessite donc une sélection manuelle. Lors de l'achat de bananes, l'appareil reconnaît bien le fruit, mais il redirige vers l'assortiment complet. L'utilisateur doit alors préciser lui-même s'il s'agit de la gamme bio ou non.

Qui recourt à cette nouveauté?

Un constat saute aux yeux lors de la venue de Blick dans le magasin: pour l'heure, rares sont les clients à utiliser la «super-balance». La raison en est toute simple: le personnel en caisse continue de peser les fruits et légumes. Un client habitué à cette pratique n'est donc pas incité à se tourner vers le nouvel appareil.

Interrogée, l'enseigne explique que les «super-balances» ont été introduites en priorité pour les utilisateurs du service Scan&Go, qui scannent et paient leurs achats depuis l'application mobile. Les clients passant par les caisses classiques peuvent toutefois aussi s'en servir et faire ainsi gagner un temps précieux aux caissiers en leur évitant d'avoir à saisir chaque fruit ou légume manuellement.

Alessia M., cliente du magasin, dit apprécier ces nouvelles balances.
Photo: Philippe Rossier

Blick rencontre Alessia M.*. C'est seulement la deuxième fois qu'elle utilise Scan&Go. La première fois déjà, elle en avait profité pour tester la «super-balance». «Ça n'avait pas fonctionné, mais une employée était venue pour tout m'expliquer», confie-t-elle à Blick. Le deuxième essai est le bon: tout se déroule sans accroc. «C'est très simple, et je vais sans doute l'utiliser régulièrement», ajoute cette cliente domiciliée à 10 minutes en voiture du magasin.

Bientôt intégrée aux caisses automatiques

Dès cet automne, la technologie de Mettler Toledo équipera également les caisses en libre-service. Jusqu'à présent, la clientèle devait y chercher les articles manuellement dans une liste.

Chaque caisse automatique est équipée d'une caméra qui filme non seulement les articles posés sur la balance, mais aussi le client. A l'avenir, le dispositif est appelé à faciliter la vérification de l'âge lors de l'achat d'alcool. Sur le plan de la protection des données, Lidl précise que les enregistrements de la zone de caisse sont traités de la même manière que la vidéosurveillance générale des magasins.

Les clients doivent encore sélectionner eux-mêmes leurs produits aux caisses automatiques, mais plus pour longtemps.
Photo: Philippe Rossier

Si l'usage de telles balances dotées d'intelligence artificielle est déjà courant à l'étranger, la Suisse, elle, accuse un certain retard.

Du côté de Migros et Coop, une telle introduction n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, indiquent les deux détaillants à la demande de Blick. Chez les discounters Aldi et Denner, le pesage est réalisé en caisse par le personnel, comme chez Lidl.

Pour le libre-service chez Aldi, les clients doivent encore sélectionner les articles manuellement. Une porte-parole précise toutefois: «Nous suivons l'évolution technologique des balances IA avec beaucoup d'intérêt.»

*Nom modifié

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