Des risques inflationnistes
Face à la guerre, le géant Swiss Re augmente ses réserves

Malgré une baisse des primes en réassurance dommages, Swiss Re enregistre un bénéfice net record de 1,5 milliard USD au premier trimestre 2026, surpassant les prévisions des analystes suisses.
Andreas Berger, PDG du groupe Swiss Re, le vendredi 27 février 2026.
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

Le géant suisse de la réassurance Swiss Re a augmenté ses réserves face aux risques inflationnistes qui se profilent avec le conflit au Moyen-orient, a-t-il indiqué jeudi lors de la publication de ses résultats du premier trimestre.

Le groupe zurichois a mis de côté «400 millions de dollars» (339 millions d'euros), dont 350 millions de dollars pour sa division de réassurance dommages, pour parer à une hausse de l'inflation, a indiqué son directeur financier, Anders Malmström, lors d'une conférence de presse téléphonique. Compte tenu des clauses d'exclusion pour les guerres dans les contrats, le conflit n'a pas d'impact «direct» sur le groupe, a-t-il insisté.

«L'impact de la guerre se situe véritablement au niveau de l'impact secondaire», avec «la hausse significative des prix de l'énergie qui va faire monter l'inflation», a-t-il expliqué. Et «les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement vont également faire monter l'inflation», a-t-il ajouté.

Par «prudence», le groupe a donc préféré accroître ses réserves, a souligné Anders Malmström. Après le choc de la pandémie de Covid-19, puis celui de la guerre en Ukraine, la vague d'inflation avait fait grimper les coûts des assureurs, notamment avec la hausse des coûts des matériaux de construction ou la pénurie de pièces détachées dans l'automobile qui avaient fait gonfler les coûts des réparations.

Faibles frais pour les catastrophes naturelles

Pour le premier trimestre, le groupe – qui sert d'assureur aux assureurs – a fait état d'un bond de 19% de son bénéfice net, à 1,5 milliard de dollars, alors que les dépenses d'indemnisation pour les grosses catastrophes naturelles sont restées faibles. Il a largement dépassé les prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP, qui attendaient en moyenne 1,18 milliard de dollars de bénéfice net.

En 2025, le premier trimestre avait été de loin le trimestre le plus coûteux de l'année en raison des incendies de Los Angeles. Au premier trimestre 2026, le bénéfice net de la division de réassurance dommages, la plus importante en contribution aux bénéfices, s'est accru de 43% par rapport à la même période l'an passé, remontant à 754 millions de dollars.

Les frais pour les catastrophes naturelles ont atteint 133 millions de dollars, sous l'effet principalement des dégâts engendrés par la tempête Kristin au Portugal, détaille le groupe dans un communiqué. Le bénéfice net de la division de réassurance-vie a quant à lui augmenté de 12%, à 491 millions de dollars, tandis que celui de la division des solutions aux entreprises a grimpé de 26%, à 262 millions de dollars.

Lors des renouvellements de contrats en avril, les volumes des primes dans la division de réassurance dommages ont cependant chuté de 8%, à 2,3 milliards de dollars, les prix reculant de 2,5% en valeur nominale. En tenant compte de ses projections pour l'inflation et de l'actualisation de ses modèles, la baisse nette des prix s'est chiffrée à 6,1%, précise le communiqué.

A 10H33 GMT, l'action Swiss Re perdait 3,62%, à 123,75 francs suisses, à la traîne du SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, en repli de 0,19%. Au vu de ce premier trimestre «très solide», le groupe apparaît néanmoins «en bonne position pour le reste de l'année», a toutefois estimé Matteo Lindauer, analyste chez Vontobel, dans un commentaire boursier.



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