L'agriculture suisse sera davantage soutenue pour compenser les concessions faites dans les accords commerciaux internationaux. Le Conseil fédéral a décidé mercredi de faciliter les prêts sans intérêts afin d'encourager les investissements dans les exploitations et les infrastructures agricoles.
Dans les négociations commerciales de la Suisse avec d'autres pays, l'agriculture suisse doit souvent faire des concessions. Pour rester durablement compétitive, elle doit donc adapter sa production aux conditions changeantes du marché. Le gouvernement entend soutenir le secteur dans cette démarche à travers un soutien ciblé et limité dans le temps, indique-t-il dans un communiqué. Dans le détail, il s'agit d'un supplément pour les crédits d'investissement.
Les moyens pour les prêts sans intérêts seront augmentés de 150 millions de francs en tout entre 2028 et 2031. Les initiatives visant à soutenir les exportations disposeront en outre chaque année d'un million pendant huit ans. Ces nouvelles dépenses seront financées par les recettes supplémentaires provenant de la mise aux enchères des contingents d'importation. Un projet d'ordonnance en ce sens doit être élaboré d'ici fin octobre 2027.
Accord avec le Mercosur
Les milieux agricoles émettent des réserves par exemple sur l'accord de libre-échange entre l'AELE et le Mercosur conclu l'année dernière. Plus de viande et de vin d'Amérique latine seront importés en échange d'une quasi-suppression des taxes sur les exportations suisses vers le bloc sud-américain.
Le Conseil national débattra de ce dossier à la session d'été. Les défenseurs de l'environnement feront aussi valoir leurs revendications.
Réagissant dans un communiqué, les Vert-e-s parlent de «marchandage dérisoire» pour «faire oublier» les effets négatifs de l'accord avec le Mercosur. La décision du gouvernement ne résout aucun problème. Le parti demande d'"améliorer substantiellement l'accord et d'instaurer des mesures d'accompagnement contraignantes». Il brandit déjà la menace du référendum.