La Suisse comptait moins de ressortissants européens en 2025. Le solde migratoire UE/AELE s'est élevé à 50'900 personnes, indique le Seco, un résultat en baisse par rapport aux trois dernières années. Le nombre de frontaliers a lui augmenté.
Ce résultat en baisse demeure toutefois supérieur à la moyenne sur le long terme, a indiqué jeudi le directeur suppléant du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) Jérôme Cosandey. Le Seco présentait le 22e rapport de l'Observatoire sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'UE.
Les résidents européens et de l'AELE étaient engagés dans les domaines de la santé et du social, touchés par une forte pénurie. Ces travailleurs sont aussi très présents dans l'hôtellerie-restauration et l'industrie, comme l'horlogerie et la pharma. Dans ces derniers secteurs, la part de frontaliers est très élevée.
Le maintien d'une immigration aussi proche que possible du marché du travail est primordial au vu du recul démographique en Suisse, lit-on dans le rapport. La main-d’œuvre étrangère a généré une progression annuelle moyenne du volume de travail d’environ 0,8 % ces 15 dernières années.
Grande force de travail
Le taux de travail est très haut dans la population européenne résidente en Suisse. Il est de 87,3% en moyenne, contre 84,8% dans la population helvétique. Deux taux en hausse depuis 2010.
La productivité du travail et le nombre d'heures effectuées sont des critères importants pour le PIB, a expliqué M. Cosandey. Le PIB réel a d'ailleurs augmenté de 1,8% sur ces 15 dernières années.
Questionné sur la pression financière ressentie au sein de la population malgré l'évolution positive du PIB, le Neuchâtelois a botté en touche.
Plaidoyer pour le travail après 65 ans
Le rapport sort une dizaine de jours après le refus dans les urnes de l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions», qui avait fortement thématisé l'immigration. Elle exigeait la dénonciation de l'accord de libre circulation si la population devenait trop grande en Suisse.
«Pas moins de 45% de la population a dit oui à l'initiative, a rappelé Roland A. Müller, directeur de l'Union patronale suisse. Nous ne devons pas ignorer ce scepticisme vis-à-vis de l'immigration et de la croissance démographique exprimé par une grande partie de la population».
Le marché a besoin de l'immigration, mais celle-ci ne saurait se substituer aux défis que pose le vieillissement de la population, estime-t-il. Le travail au-delà de l'âge de la retraite est, à ses yeux, aujourd'hui sous-exploité.
«Si nous voulons continuer à faire accepter l'immigration sur notre marché du travail, nous devons encore mieux exploiter le potentiel national en favorisant des parcours professionnels plus long», a déclaré le patron de l'Union patronale. Le gouvernement a récemment mis en consultation sa réforme AVS 2030 qui favorise le travail au-delà de 65 ans.