Démission de Guy Parmelin
11 ans au Conseil fédéral, 11 anecdotes surprenantes

Vigneron, amateur de BD, collectionneur de bouquets du Conseil fédéral: Guy Parmelin quitte le gouvernement après onze ans. Derrière le ministre discret se dessine un parcours plus inattendu qu’il n’y paraît.
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Guy Parmelin, le vigneron vaudois, est un homme épicurien.
Photo: keystone-sda.ch
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Sven Altermatt et Lucien Fluri

C'est fini! Guy Parmelin tire sa révérence. Le Vaudois de l'Union démocratique du centre (UDC) a annoncé sa démission du Conseil fédéral. Au terme de son mandat, Guy Parmelin aura siégé onze ans au Conseil fédéral et aura présidé à deux reprises le gouvernement. Mais qui est cet homme qui a régulièrement surpris son monde? Onze ans – onze faits étonnants.

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Son amour pour la Suisse alémanique

Le Vaudois parle depuis longtemps assez bien allemand – il n'est toutefois un secret pour personne qu'il n'aime pas particulièrement le faire. «Je n'ai tout simplement pas le feeling pour les langues», plaisantait-il il y a quelques années dans une interview.

«Ma femme se moque de moi quand j'essaie de parler allemand.» Et elle sait de quoi elle parle: Caroline Parmelin est enseignante d'allemand. Née à Zurich, elle est arrivée enfant en Suisse romande avec sa famille.

Parmelin avec sa femme Caroline, ici lors d'un match de hockey sur glace.
Photo: Cyril Zingaro

En semaine, elle passe généralement quelques jours avec son mari à Berne, où le couple a loué un appartement. Le vendredi soir, ils rentrent ensemble à Bursins (VD). Comparée à d'autres pays, elle a la chance, en tant qu'épouse de conseiller fédéral, d'avoir une vraie vie privée, avait déclaré un jour Caroline Parmelin.

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Parmelin «can English understand»

Ces mots ont fait le tour du monde jusqu'aux colonnes du «New York Times»: avant son élection au Conseil fédéral, Guy Parmelin avait fait les gros titres internationaux en 2015 avec sa phrase laborieuse «I can English understand, but je préfère répondre en français» – s'attirant des moqueries. Ses connaissances d'anglais étaient alors jugées très modestes.

Il maîtrise – depuis – la langue de Shakespeare. Lors du WEF d'il y a deux ans, Guy Parmelin expliquait en avoir régulièrement besoin et prendre volontairement des cours d'anglais, où il décortiquait des articles du «Wall Street Journal».

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Le vin, une affaire de famille

Guy Parmelin est vigneron de métier. Le domaine familial de Bursins est aujourd'hui exploité par son frère Christophe. A la maison, la famille boit «en fait assez peu de vin», avait un jour avoué le conseiller fédéral au «SonntagsZeitung». «Normalement, nous n'ouvrons une bonne bouteille que le dimanche avec mon père, ma belle-mère et ma femme.»

Parmelin – ici en 2015 pendant son mandat de conseiller national – est étroitement lié au vin.
Photo: Keystone

En semaine, il s'en tient à l'eau – sauf lorsqu'il reçoit des invités. Guy Parmelin n'en reste pas moins un fin épicurien. Il a d'ailleurs révélé sa table préférée au GaultMillau: La Table des Suter, à Lucens (VD).

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Ses BDs sont sacrés

Les bandes dessinées figurent en bonne place parmi les lectures préférées de Guy Parmelin, qui possède une collection respectable. Il apprécie particulièrement les westerns comme Lucky Luke. Il raffole aussi d'Astérix – notamment «Astérix chez les Helvètes», qui le fait régulièrement rire aux éclats.

Le conseiller fédéral se détend en lisant des BDs.
Photo: Kurt Reichenbach SI
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Une passion pour les fleurs

Guy Parmelin cultive une passion peu commune pour la photo de collection. Semaine après semaine, il immortalise avec son smartphone les bouquets de fleurs installés dans la salle du Conseil fédéral – un lieu strictement fermé au public. La raison? Il a commencé parce qu'il trouvait les compositions «si magnifiques» – et pour saluer le travail des fleuristes. Il ne sait pas encore ce qu'il fera de ce trésor. «Peut-être un livre de photos», imagine-t-il.

A la vôtre! Guy et Caroline Parmelin trinquent à la maison.
Photo: Kurt Reichenbach SI
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Chez Parmelin, la musique est centrale

De quels instruments jouent nos conseillers fédéraux? En règle générale, on n'en sait rien, à moins qu'une pianiste chevronnée comme Simonetta Sommaruga ne siège au gouvernement. Durant ses études à Genève, Guy Parmelin était un musicien ambitieux: «J'ai encore ma guitare, mais j'ai rarement le temps de jouer.»

Sa famille est profondément enracinée à Bursins.
Photo: Keystone

Pour se détendre, Guy Parmelin aime assister à des concerts classiques. Il avait déclaré à l'«Aargauer Zeitung» avant son élection: «J'aime la musique classique. Beethoven et Mozart sont mes compositeurs préférés.» A l'époque, son épouse et lui possédaient un abonnement de saison à l'Orchestre de Chambre de Lausanne. «Nous ne manquions aucun concert.»

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Le dos de Parmelin

Il l'appelle lui-même le «dos de Parmelin». Guy Parmelin souffre de maux de dos récurrents, comme son père, son grand-père et son arrière-grand-père avant lui. Il a parfois du mal à s'extraire de sa voiture. Il ne prend aucun médicament, avait-il confié au «SonntagsZeitung». Parfois, son dos devient «un problème presque trop important». Plus il marche, mieux il se porte. Malheureusement, son quotidien le contraint à rester très souvent assis au bureau.

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Le hipster au chapeau

La mode peut être impitoyable. Pendant son temps libre, Guy Parmelin ne prête pas une attention folle à l'élégance vestimentaire, privilégiant le côté pratique: lors des courses d'école du Conseil fédéral, il a régulièrement fait jaser avec ses shorts, sa pochette de téléphone à la ceinture ou son chapeau safari pliable – encore en 2026.

Son chapeau est culte (il le porte ici lors du voyage du Conseil fédéral en 2022 à Schaffhouse).
Photo: keystone-sda.ch

Guy Parmelin assume toutefois ses écarts de style avec un naturel déconcertant. «Lors des excursions du Conseil fédéral, il est surtout important pour moi de me sentir bien. Je continuerai à porter ce chapeau. On peut le plier et le mettre dans son sac», répondait-il à la «SonntagsZeitung». Son absence totale de vanité se retrouve dans son humour: il pratique volontiers l'autodérision face aux critiques.

Parmelin dans sa cave à vin.
Photo: Kurt Reichenbach SI
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Parmelin, le sous-estimé

En Suisse alémanique, il était quasiment inconnu lorsque sa candidature s'est concrétisée en 2015. Non seulement de nombreux observateurs politiques ne l'avaient pas vu venir, mais on ne lui prédisait pas les meilleures chances.

Parmelin (au centre) en 2021 avec Joe Biden (à gauche) et Vladimir Poutine.
Photo: Keystone

Il a fallu quelques années pour réaliser que Guy Parmelin était souvent sous-estimé et qu'il atteignait ses objectifs sans faire de bruit. Un homme discret mais stakhanoviste: au Palais fédéral, il est souvent le premier arrivé, ouvrant son bureau avant 6 heures du matin. Le point d'orgue de sa carrière: lorsqu'il a présidé la Confédération pour la première fois en 2021, il a reçu à Genève le président américain Joe Biden et le chef d'Etat russe Vladimir Poutine.

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Sa voiture? rouge et modeste

Guy Parmelin est connu pour sa modestie, qui se reflète jusque dans son garage. Pendant des années, il a conduit une Mazda 6 rouge. Lorsqu'il est devenu conseiller fédéral et a eu droit à une voiture de fonction privée, la Confédération lui a racheté son propre véhicule d'occasion – économisant au passage l'argent public.

En 2025, Guy Parmelin a reçu un nouveau véhicule aux frais de l'Etat. Mais alors que d'autres conseillers fédéraux comme Ignazio Cassis ou Doris Leuthard optaient pour des BMW, le Vaudois est resté fidèle à la marque Mazda, jetant son dévolu sur un modèle encore plus compact, la Mazda 3.

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L'ironie: sa marque de fabrique

Oui, Guy Parmelin prend ses chapeaux au sérieux – mais pas toujours sa propre personne. Le Vaudois manie l'autodérision à merveille. Ceux qui en doutaient encore en ont eu la preuve cet été.

Ses chapeaux sont cultes: le président de la Confédération Parmelin lors du voyage du Conseil fédéral en 2026.
Photo: Screenshot

En tant que président de la Confédération, il organisait la traditionnelle course d'école du gouvernement. Et il a apparemment donné une consigne stricte concernant le couvre-chef: alors que les conseillers fédéraux naviguaient sur le Rhône, les clichés transmis par la Chancellerie fédérale les montraient tous arborant le chapeau safari militaire style Parmelin. Seules les deux conseillères fédérales ont résisté à la consigne.

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