Le président de la Confédération et ministre de l'économie Guy Parmelin a annoncé vendredi sa démission pour fin décembre. Cette annonce arrive deux semaines après celle du départ de la secrétaire d’État à l'économie Helene Budliger Artieda fin mars 2027.
L'UDC originaire de Bursins (VD) avait pourtant assuré à plusieurs reprises qu'il resterait en poste jusqu'à la fin de la législature. Après onze ans passés au gouvernement, le Vaudois a fait part d'une volonté de laisser la place à des «forces vives en ces temps de grandes incertitudes».
«Le feu sacré n'est plus aussi sacré qu'au début», a ajouté Guy Parmelin devant les médias, excluant toutefois tout problème de santé. Mais il a rappelé qu'il allait travailler jusqu'au 31 décembre «23h59 dernier délai». Indiquant avoir pris l'été pour réfléchir, Guy Parmelin estime qu'à un moment «il faut trancher et que le cimetière est rempli de gens qui se croyaient indispensables».
Appel à ne pas se faire distancer
Le ministre a souligné que la Suisse était prête à relever les challenges, grâce à des finances saines et des entreprises innovantes. Mais «rien n'est jamais définitivement acquis», a-t-il averti. Guy Parmelin a appelé la Suisse à ne pas se faire distancer.
«Le monde et la géopolitique changent et nous devons nous adapter. C'est fini l'époque où on passait un coup de fil pour prendre rendez-vous avec un dirigeant.» Pour le ministre vaudois, «si nous ne nous adaptons pas, si la Suisse ne prend pas les décisions indispensables pour ne pas se faire distancer, nous risquons un réveil brusque.» Un réveil brusque, il l'a vécu en août 2025, après l'annonce des droits de douane américains de 35%. «Un vrai coup de massue», se rappelle-t-il.
A l'inverse, Guy Parmelin a estimé que le collège a réussi à mener la Suisse à travers la pandémie «de manière soft» en comparaison internationale. Les écoles n'ont fermé que pendant une quinzaine de jours. Et de souligner que le Pape avait salué la position de la Suisse à ce niveau.
Une fonction de plus en plus «lourde»
Le ministre démissionnaire a loué une fonction de conseiller fédéral très «intéressante, mais de plus en plus lourde à porter». Le Vaudois espère toutefois que les candidatures fleuriront dans son parti pour le remplacer.
«Depuis 2016, il y a de plus en plus de conférences au niveau présidentiel. Le Conseil fédéral doit donc trouver une manière de faire pour éviter que la Suisse ne soit absente de ce genre d'événements», explique le Vaudois.
Malgré tout, Guy Parmelin estime que «pour quelqu'un de motivé», la fonction reste très attrayante. «J'espère qu'il y aura plusieurs personnes motivées, tant des parlementaires, que des élus cantonaux, lorsque mon parti (UDC) lancera l'appel à candidatures», glisse le président de la Confédération.
Du DDPS au DEFR
Le Vaudois a succédé à Eveline Widmer-Schlumpf en décembre 2015. Il a d'abord pris les rênes du Département fédéral de la défense avant de passer à l'économie en 2019. Il a été président à deux reprises. En 2021, il a guidé la Suisse à travers la crise sanitaire et géré l'abandon des négociations avec l'UE sur un accord-cadre.
Les rumeurs de démission du vigneron se faisaient insistantes ces dernières semaines. Guy Parmelin partira sur plusieurs succès, notamment les accords de libre-échange avec l'Inde et le Mercosur.