Vif débat après un témoignage
«Un établissement public ne peut pas exiger des frais de scolarité!»

Après avoir changé ses enfants d'école, une famille zurichoise a reçu des factures inattendues de la part d'un établissement public. L'affaire suscite un vif débat sur le système scolaire suisse parmi les lecteurs de Blick.
L'histoire de Thomas Meier suscite un vif débat parmi les lecteurs de Blick.
Photo: Nicolas Lurati
Sarah Riberzani

Un simple conflit scolaire s'est transformé en une bataille juridique de plusieurs années pour Thomas Meier. Aujourd'hui, cet habitant de Bachs, dans le canton de Zurich, est engagé dans un interminable bras de fer contre les écoles publiques du Canton, les autorités et les tribunaux. Aux origines du litige: le transfert scolaire de son fils, à la suite d'une succession d'expériences éprouvantes avec un membre du corps enseignant de l'école primaire de Bachs.

L'enfant a alors rejoint l'établissement de la commune voisine de Stadel. Quelque mois plus tard, la fille de Thomas Meier a également changé d'école: «Elle aussi était victime de harcèlement», explique le père de famille.

C'est alors qu'il a appris qu'il devrait s'acquitter de frais scolarité au sein de ce nouvel établissement. Le Canton de Zurich s'en est expliqué en assurant que le transfert n'était pas justifié par des motifs scolaires impérieux et qu'une scolarisation sur le lieu de résidence restait possible.

Thomas Meier a alors décidé de recourir contre cette décision, et l'affaire s'est étirée sur plusieurs instances jusqu'au Tribunal fédéral. Au total, le litige s'élève à près de 80'000 francs, dont 14'000 francs de frais de scolarité déjà payés par le père de famille.

Réactions des lecteurs

Le cas de Thomas Meier a suscité un vif débat parmi les lecteurs de Blick. Les critiques portent avant tout sur la structure même du système éducatif suisse. «Une école publique est publique et ne peut pas exiger de frais de scolarité, estime un lecteur. Ce n'est d'ailleurs pas une question sur laquelle un tribunal fédéral devrait statuer.» Il réclame en outre un meilleur point de contact pour les personnes concernées: «La création d'un bureau de médiation pour de tels cas est une urgence à l'échelle nationale.»

Une partie des commentateurs critique particulièrement la manière dont les autorités et les écoles gèrent ces situations. Une lectrices se dit abasourdie par la situation de Thomas Meier: «L'école et la direction ont échoué! Il existe des accords entre les communes qui permettent de transférer des enfants dans l'école d'une commune voisine en cas de crise. Je n'ai jamais entendu dire que les parents devaient alors en assumer les coûts! C'est le contribuable qui paie les frais de scolarisation.»

Un autre lecteur abonde dans le même sens: «Dommage que le bon sens ne soit pas inscrit dans la Constitution ou dans la loi. Il est interdit de gifler les enfants, mais manifestement, on peut les harceler. Et celui qui veut soustraire son enfant à cela devrait payer? J'ai toujours pensé que les enfants devaient être protégés de toute forme de violence, en toutes circonstances.»

Un conflit particulièrement complexe

D'autres commentaires appuient sur le caractère complexe du conflit pour les deux parties. Ainsi, une lectrice écrit: «En tant que parents, nous sommes à la merci de l'école, qui, fondamentalement, n'en subit jamais les conséquences. C'est très usant. Je comprends tout à fait ce père, et les raisons qui l'ont poussé à aller aussi loin.» Elle appuie toutefois sur la position difficile l'école concernée: «Si, lors de litiges, on permettait à tous les enfants des communes environnantes de venir y étudier gratuitement, ils finiraient par avoir des problèmes financiers.»

Enfin, plusieurs réactions se concentrent sur les limites de tels conflits. «Il est compréhensible de se battre pour ce que l'on estime être moralement juste, mais le droit moral et le droit légal ne sont pas toujours la même chose», constate un lecteur. A un moment donné se pose la question de savoir «quel prix un tel combat vaut encore la peine d'être payé.»

Dans la même idée, un lecteur décrit une situation «triste et poignante» et souligne que le quotidien scolaire est souvent plus humain qu'on ne le suppose. Dans le même temps, il rappelle que ce genre de conflits se résout souvent mieux «sur le plan humain» que devant les tribunaux. « Cela coûte moins d'énergie, moins d'argent et laisse au final des parties nettement plus satisfaites. Je souhaite à M. Meier de trouver une issue!»

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