Une élue veut régler le problème
Les lingettes humides provoquent des obstructions coûteuses

Nombreux sont ceux qui jettent des lingettes humides dans les toilettes. Un geste auquel tout le monde ne prête pas attention, mais qui entraîne des problèmes coûteux sous nos pieds. La conseillère nationale socialiste Gabriela Suter exige que le Conseil fédéral agisse.
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Les lingettes humides ne doivent pas être jetées dans les toilettes.
Photo: Shutterstock
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Riccarda Campell

Une vague de chaleur sévit dans toute l'Europe. En Suisse, le mercure grimpe jusqu'à 36, 37 voire 38 degrés dans certaines régions. Aucune trace de pluie n'est en vue, alors que l'eau commence à se faire rare.

Les premières communes tirent déjà la sonnette d’alarme et interdisent l’arrosage des jardins. C’est justement en ce moment que la conseillère nationale socialiste Gabriela Suter met en garde contre un problème discret qui pollue de plus en plus nos cours d’eau.

Les lingettes humides et autres articles d'hygiène n'ont rien à faire dans les toilettes. Nous le savons tous, en réalité. C'est indiqué sur les panneaux dans les toilettes publiques, et dès l'enfance, on nous apprend que seul le papier toilette peut être jeté dans la cuvette. Pourtant, beaucoup continuent d'enfreindre cette règle bien connue.

La facture est salée

«L’une des raisons est que de nombreuses lingettes humides sont commercialisées comme étant 'jetables dans les toilettes'», explique la conseillère nationale à Blick. «Cela donne l’impression qu’on peut les jeter sans problème dans les toilettes. Mais c’est une erreur: elles se décomposent trop lentement et restent coincées dans le réseau d’assainissement.»

Les conséquences sont coûteuses. Comme les lingettes humides sont particulièrement résistantes à la déchirure, elles ne se désagrègent pas dans les égouts ni dans la station d’épuration. «Là, elles s’entremêlent pour former de longues tresses qui bouchent les pompes», explique Gabriela Suter. Il faut alors les retirer, ce qui demande beaucoup de travail. «Cela coûte cher. Au final, c’est la population qui paie via les redevances d’assainissement.»

Blick s’est renseigné auprès de plusieurs stations d’épuration. La ville de Berne relativise le problème: «Chez nous, les lingettes humides dans les égouts ne posent pas de problème», déclare une porte-parole. Cela n’entraînerait pas de coûts supplémentaires.

La situation est toutefois différente à Stäfa (ZH). La commune a même lancé en 2024 une campagne de sensibilisation concernant les lingettes humides jetées dans les toilettes. Un effort qui a porté ses fruits: les chiffres montrent que ces lingettes avaient auparavant entraîné des surcoûts de plusieurs milliers de francs. Depuis le lancement de la campagne, ces coûts ont considérablement baissé.

Une pollution à long terme

Les pompes bouchées ne sont toutefois pas le seul problème. «Les lingettes humides polluent également nos rivières et nos lacs – et ce, de manière durable», explique Gabriela Suter. La raison: elles contiennent des fibres de plastique qui restent dans l’eau sous forme de microplastiques.

Selon une estimation réalisée à la demande de l’Office fédéral de l’environnement, environ 15 tonnes de microplastiques se déversent chaque année dans les rivières et les lacs suisses. Environ la moitié de cette quantité reste en Suisse et se dépose dans les lacs ou les rivières. «Ces microplastiques sont pratiquement impossibles à éliminer de l’environnement. Ils peuvent finalement pénétrer dans notre organisme par le biais de l’alimentation.»

Les conséquences à long terme sur la santé ne sont pas encore clairement établies. Les chercheurs étudient toutefois, entre autres, d’éventuels liens avec des inflammations, des perturbations hormonales et des lésions cellulaires.

La conseillère nationale souhaite désormais inciter le Conseil fédéral à agir. Dans une motion, elle réclame des mesures: les produits devraient ainsi être étiquetés de manière uniforme et bien visible dans toute la Suisse, afin qu’il soit clair qu’ils ne doivent pas être jetés dans les toilettes. En outre, les fabricants doivent participer davantage aux coûts liés au nettoyage et à l’entretien des infrastructures d’assainissement. Par ailleurs, Gabriela Suter réclame une campagne nationale de sensibilisation afin d’informer la population sur la manière correcte de se débarrasser de ces produits.

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