Nicolas Féraud avait un objectif: faire rayonner la renommée de Crans-Montana à l’internationale. Sous sa présidence, la station de ski valaisanne s’est développée, agrandie et embellie.
Des mégaprojets de plusieurs milliards de dollars, l’organisation prochaine des Championnats du monde de ski alpin et la vente des remontées mécaniques à un géant américain sont les témoins d’un vent d’optimisme. Crans-Montana devait devenir un «phare national et international du bien-être et du développement», comme l’affirmait encore l’année dernière le politicien du Parti libéral-radical (PLR).
Mardi, Nicolas Féraud et sa commune se sont retrouvés sous les feux de la rampe internationale. Malheureusement, en raison de motifs bien plus tragiques qu’imaginés par le président du Conseil communal. Cinq jours après le terrible incendie du bar «Le Constellation», celui-ci a dû expliquer à plus d’une centaine de journalistes venus de nombreux pays comment cette tragédie, qui a fait 40 morts et 116 blessés, avait pu se produire.
Si les questions sont nombreuses, Nicolas Féraud n’a pas beaucoup de réponses. Lors de la conférence, il a déclaré: «Nous sommes les plus touchés, avant tout le monde». Ses propos ont été vivement critiqués et lui ont notamment valu de devenir le bouc émissaire de la presse internationale.
Président de la commune depuis 2012
La situation montre assez clairement que pour ce pharmacien de formation, la pression était jusqu’alors peu familière. Lors de la fusion des quatre communes de Randogne, Chermignon, Montana et Mollens en 2017, il a créé la surprise en remportant une victoire décisive face à son adversaire du Centre lors des élections.
Né dans la région, Nicolas Féraud n’était toutefois pas un inconnu: il siégeait déjà depuis 2009 au Conseil communal de Randogne pour le PLR et en est devenu le président en 2012. Il dirige désormais Crans-Montana à plein temps et perçoit un salaire d’environ 180'000 francs, indiquait le quotidien valaisan «Le Nouvelliste» en 2021.
Au début de son long mandat en tant que premier – et jusqu’à présent unique – président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud a toutefois été confronté à certaines critiques. «Construire une nouvelle commune est un lourd fardeau», écrivait «Le Nouvelliste» un an après l’élection de Féraud. Crans-Montana a besoin d’un «capitaine» fort pour fusionner les administrations, harmoniser les réglementations et suivre de près les nombreux projets de construction lucratifs. On lui reprochait d’agir de manière «obstinée» et de ne pas être à la hauteur de ces tâches complexes.
Crans-Montana en plein essor
Mais les critiques n’ont pas duré. Nicolas Féraud est aujourd’hui considéré comme le chef incontesté de cette station de ski huppée du Valais. Il a déjà été réélu à deux reprises. Durant son mandat, il a mené à bien une grande transformation: huit mégaprojets sont actuellement en construction à Crans-Montana, pour un investissement total de 1,6 milliard de francs. Les touristes américains y passent leurs vacances, et le domaine skiable a été racheté par le groupe américain Vail Resorts en 2024.
Et le meilleur reste à venir: Crans-Montana investit 42 millions de francs dans les Championnats du monde de ski 2027. Passionné de sport, Féraud est vice-président du comité d’organisation de cet événement majeur.
La conférence de presse fatidique
Jusqu’à présent, Nicolas Féraud s’est acquitté de ses tâches avec une beaucoup de décontraction. Il est apprécié de la population locale et charismatique dans ses discours, comme l'écrit la «NZZ». Parmi les journalistes de la région, il était considéré comme une sorte de roi du village. Lorsqu’il a reçu des journalistes du journal «Die Zeit» à la fin de l’année dernière, il les a conduits en jeep à sur son domaine. «Comme s’il était en patrouille», a noté l’hebdomadaire.
L’aisance naturelle qui l’avait si fidèlement accompagné pendant des années s’est évanouie quelques heures après la Saint Sylvestre. Nicolas Féraud a d’abord nié toute négligence de sa commune en matière de sécurité incendie et a congédié les journalistes qui posaient des questions critiques. Puis il a disparu le temps d’un week-end, sollicitant l’aide d’experts en relations publiques réputés. Pour échouer à nouveau en public: au lieu d’être roi, il voulait soudain être victime.