Un point de bascule
Après Crans-Montana, la Confédération craint pour l'image de la Suisse

Le tragique incendie de Crans-Montana a coûté la vie à 41 personnes et fait de nombreux blessés graves durant la nuit du Nouvel-An. Ce drame pourrait aussi avoir terni l'image de la Suisse à l'étranger et le DFAE en personne s'inquiète de ces retombées.
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Le 1er janvier 2026 , un incendie a ravagé le bar «Le Constellation» à Crans-Montana.
Photo: zVg
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Sven Altermatt

Sécurité, stabilité, beauté: les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la Suisse à l'étranger. La Suisse est un véritable modèle de réussite: un pays où les trains roulent à l'heure, où les autorités fonctionnent et où les crises sont gérées avec sang-froid. Mais aujourd'hui, même dans la Berne fédérale, cette image commence à se fissurer.

Dans son dernier rapport sur la perception de la Suisse à l'étranger, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dresse un bilan positif pour 2025. La Suisse a une fois de plus obtenu d'excellents résultats. Des événements comme l'Eurovision ou encore l'Euro féminin ont contribué à renforcer cette image positive. Même les turbulences liées à l'accord tarifaire avec les Etats-Unis ne devraient pas avoir durablement terni la réputation de la Suisse.

Le DFAE parle de «continuité dans un monde en mutation». Toutefois, il y a une ombre au tableau, car le bilan 2025 est «soumis à une réserve de taille»: l'incendie de Crans-Montana, qui a causé la mort de 41 jeunes. «Cet événement tragique a suscité non seulement une grande émotion sur le plan international, mais aussi une couverture médiatique exceptionnel, qui a probablement influencé la perception de la Suisse à l'étranger», analyse le DFAE. Il qualifie la tragédie de «rupture» et ajoute: «Il est également possible que cela ait été un tournant pour la perception de la Suisse à l'étranger.»

Une image fissurée

En raison du contexte, peu après le Nouvel An, l'impact de la tragédie sur l'image de la Suisse n'a pas été pris en compte dans le rapport. Cependant, le rapport pourra constituer un point de comparaison avec l'image de la Suisse avant la tragédie.

Le fait qu'un seul événement ait un tel retentissement international est unique dans l'histoire récente. Quelques semaines seulement après la tragédie de Nouvel An, l'incendie du car postal à Chiètres a fait la Une des journaux. A peine une semaine plus tard, une cabine des remontées mécaniques du Titlis s'est écrasée à Engelberg. Un rapport de l'agence de presse allemande DPA évoquait déjà de grandes fissures dans un pays autrefois si serein. Y avait-il une Suisse avant Crans-Montana – et une autre Suisse après? On ignore encore quel sera l'impact réel de la tragédie.

L'enquête tranchera

Au DFAE aussi, on ne veut pas encore s'engager plus précisément. Un porte-parole déclare à Blick: «Les résultats des enquêtes menées régulièrement auprès de la population montreront vers la fin de l'année s'il y a eu des changements durables dans la perception de la Suisse par le grand public à l'étranger.»

Le DFAE ne prévoit pas de mesures concrètes pour le moment. La priorité est pour l'instant donnée aux enquêtes ainsi qu'à l'information des personnes concernées, selon le porte-parole. Les autorités concernées sont compétentes en la matière. «En fonction de l'évolution de la perception à l'étranger, des mesures de communication ciblées pourront être prises si nécessaire.»

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