Succession de Guy Parmelin
Manœuvres autour de Thomas Aeschi! Voici ce que les stratèges de l’UDC veulent vraiment

Huit personnalités sont en lice pour succéder au conseiller fédéral UDC Guy Parmelin. Le favori du parti, Thomas Aeschi, hésite encore, mais les stratèges de l’UDC comptent déjà sur lui.
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Le conseiller fédéral UDC Guy Parmelin tire sa révérence. Huit personnalités ont été annoncées pour lui succéder.
Photo: Keystone

En bref

  • Huit candidatures sont sur la table pour succéder à Guy Parmelin
  • Si le chef de groupe Thomas Aeschi se présente, sa place sur le ticket est quasiment assurée
  • Avec la bonne stratégie, le Zougois accédera au Conseil fédéral
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Ruedi Studer et Daniel Ballmer

Il y a l’embarras du choix. L'UDC peut compter sur pas moins de huit candidatures pour succéder au conseiller fédéral Guy Parmelin. Le groupe parlementaire fédéral a désormais jusqu’au 20 novembre pour décider de sa stratégie. Tout est encore ouvert... officiellement. Seulement, Blick a enquêté sur la question, et il en ressort que les premières décisions préalables sont d'ores et déjà en train de se dessiner.

Aujourd'hui, ce même Thomas Aeschi, devenu entre-temps le chef du groupe parlementaire UDC, fait à nouveau figure de favori. Le Zougois se montre hésitant, mais la plupart des membres du groupe en sont convaincus: «S’il se présente, il sera à coup sûr sur le ticket.»

L'homme est considéré comme un travailleur intelligent disposant de toutes les compétences requises. A tel point que deux variantes sont d'ores et déjà discutées à l'interne du parti, afin de favoriser la victoire de Thomas Aeschi au cas où ce dernier confirmerait sa candidature.

Le ticket des purs et durs

Thomas Aeschi est classé parmi les tenants d'une ligne dure au sein du parti. Pour augmenter ses chances, il faudrait donc qu’un politicien affichant une ligne encore plus stricte l’accompagne sur le ticket. Le conseiller national soleurois Rémy Wyssmann correspond à ce profil, mais il passe au sein du parti pour un «missile non guidé» et détient dès lors peu de chances de figurer sur le ticket.

Le conseiller national valaisan Michael Graber se retrouve ainsi sous les projecteurs. Au Parlement, son orientation UDC très stricte suscite un certain scepticisme. Pour le parti, ce n'est pas sans risque: un ticket composé uniquement de profils tranchés pourrait être perçu par les autres camps comme une tentative de chantage, ce qui pourrait les inciter à soutenir une candidature sauvage.

Les représentants de l’UDC font toutefois montre d'une certaine sérénité. Après tout, le Parti socialiste (PS) avait lui aussi présenté en 2023 deux candidats, Beat Jans et Jon Pult, qui n’étaient pas considérés comme particulièrement modérés. A un an seulement des élections fédérales 2027, rares sont les formations politiques désireuses de froisser le premier parti du pays et de prendre ainsi le risque d'essuyer un violent retour de bâton.

Le ticket de sécurité

Une autre danger, certes résiduel, guette tout de même l'UDC: en effet, l’élection pourrait se jouer en dehors du ticket officiel. Pour éviter ce genre de manœuvre, un représentant de l’aile moins controversée accompagnerait Thomas Aeschi sur le ticket. En sondant les rangs du groupe, ce sont les noms du conseiller d’Etat valaisan Franz Ruppen et du conseiller d’Etat bernois Pierre Alain Schnegg qui reviennent en premier.

Avec un léger avantage pour Franz Ruppen: le Haut-Valaisan est généralement considéré comme un homme «sympathique», que beaucoup côtoyaient déjà du temps où il siégeait au Conseil national. S’il parvenait à décrocher une place sur le ticket au sein de son propre groupe, il conserverait de solides chances d’être élu au Conseil fédéral.

Pierre-Alain Schnegg, lui, peut faire valoir, en sa qualité de natif du Jura bernois, qu’il défend le siège dévolu à la Suisse romande. Pour certains, toutefois, un deuxième UDC bernois aux côtés d’Albert Rösti serait de trop. D'autres jugent aussi que Pierre-Alain Schnegg, qui aura bientôt 64 ans, est déjà trop âgé pour entamer une telle fonction. Son âge pourrait cependant devenir un atout: ceux qui nourrissent des ambitions pour le Conseil fédéral pourraient spéculer sur le fait qu'il n’occuperait pas le siège très longtemps.

Céline Amaudruz est en difficulté

Et qu’en est-il des autres candidats? La conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz, qui revendique elle aussi le siège laissé vacant au nom de la Suisse romande, suscite beaucoup de scepticisme dans les rangs de l’UDC de Suisse alémanique. Certains la trouvent distante et arrogante. D’autres se demandent à quel point elle resterait fidèle au parti une fois élue au Conseil fédéral. On lui reproche régulièrement de défendre en priorité ses intérêts personnels au Conseil national.

Le conseiller aux Etats et ancien président du parti Marco Chiesa bénéficie de meilleures cartes en interne, même si le ministre des Affaires étrangères PLR Ignazio Cassis, originaire du Tessin, siège déjà au gouvernement fédéral. Cette situation pourrait se décanter dans un avenir proche. Nombreux sont ceux qui s’attendent à une démission d'Ignazio Cassis l’année prochaine. Ce qui est toutefois certain, c'est que les chances de Marco Chiesa prendraient l'ascenseur si Thomas Aeschi venait à renoncer.

En revanche, la candidature du conseiller d’Etat argovien Jean-Pierre Gallati paraît sans espoir en interne. Sa ligne très dure sur le Covid pendant la pandémie a été très mal accueillie au sein du groupe parlementaire fédéral. Un passé qui semble désormais le rattraper.

Thomas Aeschi sous pression

Tout dépend de la décision de Thomas Aeschi de se présenter ou non. Le politicien serait actuellement en train de contacter de nombreux parlementaires des autres partis afin de sonder ses chances, rapporte-t-on sous la Coupole. Il souhaite éviter autant que possible une deuxième défaite électorale.

Un problème émerge toutefois: «S’il ne se présente pas, cela peut tout aussi bien être interprété comme un signe de faiblesse, explique-t-on dans ses propres rangs. On pourrait avoir l’impression qu’il craint d’assumer ses responsabilités.» Une situation qui place Thomas Aeschi sous pression. Même si tout le monde ne partage pas cette analyse. Ou, comme le résume un membre de l’UDC: «Après tout, il n’a rien à perdre!»

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